L’impact des retards de dédouanement sur le programme sino-congolais en RDC
Alors que le Programme Sino-Congolais représente un levier majeur pour la modernisation des infrastructures en République Démocratique du Congo (RDC), une série de blocages administratifs freine significativement la progression des chantiers. Les retards de dédouanement des matériaux et équipements importés, notamment depuis le port de Matadi, compromettent l’avancement des travaux et menacent la réalisation des objectifs fixés par les autorités.
Des matériaux bloqués depuis des mois, des chantiers à l’arrêt
Le Directeur Général de l’Agence Congolaise des Grands Travaux (ACGT), Nico Nzau Nzau, a alerté le Ministère des Infrastructures sur les conséquences de ces blocages. Sans le bitume indispensable pour le revêtement des routes, plusieurs projets routiers restent paralysés, malgré les exonérations fiscales prévues par la Loi n°14/005 et l’Avenant n°5 à la Convention de Collaboration signé en 2024. Plus de six mois après leur arrivée, près de 1 477 tonnes de bitume, destinées notamment aux Rocades de Kinshasa, au projet Matadi-Tshela-Singini et à la route Kananga-Kalamba Mbuji, sont toujours immobilisées au port de Matadi. Une situation similaire touche près de 1 650 tonnes de bitume pour la réhabilitation de la RN1, tronçon Mbujimayi-Nguba, dans le Grand Katanga.
Les équipements lourds, les pièces de rechange et les matériaux de chantier, dont la centrale à béton du Stade d’Idiofa, subissent le même sort. Ces retards, aggravés par la saison sèche, risquent de faire dérailler les calendriers de livraison et de priver la population d’infrastructures modernes et fonctionnelles.
Un appel à l’action pour éviter un ralentissement majeur
Le Ministre des Infrastructures, John Banza, a souligné lors d’une caravane d’inspection dans le Grand Bandundu que les travaux sur certains chantiers, comme la construction de 17 nouveaux bâtiments et la modernisation de 11 autres à l’Hôpital Général de Référence de Kikwit, progressent de manière satisfaisante. Cependant, il a mis en garde contre le risque de ralentissement, voire d’arrêt total, si les blocages persistaient. L’Agence de Pilotage, de Coordination et de Suivi des Conventions (APCSC), en tant qu’interface entre les parties prenantes, est appelée à jouer un rôle central pour débloquer cette situation.
Plusieurs projets emblématiques sont directement impactés :
- Les Rocades Sud-Est et Sud-Ouest de Kinshasa ;
- La route Manterne – Tshela – Singini ;
- La route Kananga – Kalamba Mbuji ;
- La RN1 Mbujimayi – Nguba ;
- Le Stade d’Idiofa ;
- L’Hôpital Général de Référence de Kikwit.
Ces retards ne concernent pas uniquement les infrastructures routières. Les équipements nécessaires à la modernisation des hôpitaux et des stades, ainsi que les matériaux pour les bâtiments publics, restent également bloqués, limitant la capacité des autorités à répondre aux besoins urgents de la population.
Une saison sèche défavorable et des conséquences économiques
La saison sèche, qui devait accélérer les travaux, risque au contraire de les pénaliser en raison des retards accumulés. Les objectifs de livraison fixés par le Gouvernement pourraient être compromis, privant ainsi la population d’ouvrages essentiels. Les infrastructures bloquées incluent des routes stratégiques, des hôpitaux et des équipements publics, dont la réalisation était prévue pour améliorer le quotidien des Congolais.
Le déblocage immédiat des matériaux et équipements est impératif pour éviter un ralentissement majeur des chantiers et préserver les avancées déjà réalisées. Sans intervention rapide, c’est tout le programme sino-congolais qui risque de subir des retards significatifs, avec des répercussions sur l’économie et le développement du pays.
Un appel à la mobilisation des acteurs clés
Pour limiter les dommages, il est essentiel que l’APCSC intervienne sans délai afin de finaliser les démarches de dédouanement. Les entreprises impliquées dans le programme bénéficient d’avantages fiscaux, mais ces exonérations ne peuvent être pleinement exploitées sans un déblocage administratif. Les autorités congolaises et chinoises doivent collaborer étroitement pour lever ces obstacles et permettre la reprise des travaux.
La situation actuelle rappelle l’urgence d’améliorer les procédures douanières pour les grands projets d’infrastructure. Sans une résolution rapide, le Programme Sino-Congolais risque de perdre en efficacité, et la population congolaise pourrait ne jamais bénéficier des infrastructures promises.