Burkina Faso : financer la santé sexuelle par des solutions locales

Face à la crise sécuritaire et à la diminution des financements internationaux, le Burkina Faso explore des alternatives endogènes pour maintenir l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive (SSR).

Selon les dernières données du ministère de la Santé, près de 81 % des ressources allouées à la SSR provenaient de partenaires extérieurs. Cependant, ces contributions ont fortement baissé ces dernières années, poussant les acteurs locaux à chercher des solutions internes pour éviter une rupture dans les soins essentiels.

Désiré Thiombiano, directeur de AMS synergie Burkina Faso

des solutions locales pour une santé sexuelle durable

Pour Désiré Thiombiano, directeur de AMS Synergie Burkina Faso, l’implication des communautés est la clé pour surmonter cette crise. « Il est temps d’agir sans attendre les partenaires extérieurs. La mobilisation interne est indispensable pour prévenir les grossesses précoces, les mariages forcés et les décès maternels », a-t-il déclaré lors d’un atelier organisé par le REMAPSEN.

L’expert propose plusieurs pistes :

  • Sensibiliser les populations sur l’importance de contribuer financièrement à la SSR ;
  • Renforcer l’implication des leaders religieux et communautaires pour un plaidoyer efficace ;
  • Instaurer des mécanismes de collecte communautaire via les collectivités locales pour une gestion transparente des fonds.

Le gouvernement burkinabè a déjà pris des mesures concrètes. Entre 2020 et 2025, près de 3,9 milliards de francs CFA ont été investis dans l’achat de produits contraceptifs, malgré la baisse des financements extérieurs.

un plaidoyer renforcé pour la souveraineté sanitaire

Dr Clarisse Bougma, représentante de la Direction de la santé de la famille, a souligné l’importance de la mobilisation des ressources locales : « C’est une priorité stratégique pour garantir la pérennité des actions et accélérer les objectifs sanitaires nationaux ».

Boureima Sanga, coordinateur du REMAPSEN Burkina Faso, a ajouté que cette dynamique s’inscrit dans une volonté de renforcer les capacités des médias pour informer et sensibiliser la population : « Dans un contexte de crises multiples, les journalistes doivent connaître les mécanismes de financement endogène afin de promouvoir l’autonomie sanitaire ».

Boureima Sanga, coordinateur du REMAPSEN Burkina Faso

Créé en juin 2020, le REMAPSEN organise régulièrement des rencontres pour promouvoir des solutions locales et durables en matière de santé, avec le soutien du Partenariat de Ouagadougou.

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