Pourquoi la CAF a-t-elle sanctionné le Sénégal après la finale de la CAN 2025 ?

La finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 opposant le Sénégal au Maroc, pays hôte, s’est terminée dans un climat d’incertitudes et de contestations. Malgré une victoire apparente du Sénégal après des prolongations, la Confédération africaine de football (CAF) a finalement tranché en faveur du Maroc, attribuant un score fictif de 3-0 au pays organisateur.

Plusieurs éléments ont motivé cette décision : l’équipe sénégalaise a quitté le terrain après des décisions arbitrales contestées, refusant de poursuivre le match en signe de protestation. Selon les règlements de la CAN, un retrait non autorisé entraîne automatiquement une défaite par forfait. La Fédération royale marocaine de football a saisi le Jury disciplinaire de la CAF, qui a confirmé la sanction en mars 2026. Le Sénégal, insatisfait, a alors décidé de saisir le Tribunal arbitral du sport (TAS) pour contester cette décision.

Les arguments juridiques du Sénégal devant le TAS

Le recours du Sénégal repose sur deux axes principaux : la qualification des faits et la légitimité des sanctions appliquées. Le TAS devra examiner si le retrait de l’équipe sénégalaise peut être interprété comme un « refus de jouer » au sens des articles 82 et 84 des règlements de la CAN.

Le Sénégal pourrait arguer que le Jury d’appel de la CAF a fait une interprétation excessive de ces dispositions, assimilant une interruption temporaire et contestataire à un abandon définitif. Par ailleurs, la défense sénégalaise pourrait invoquer le principe de l’autorité de l’arbitre, seul compétent pour décider de l’arrêt d’un match, selon les Lois du Jeu de la FIFA. Cette ligne de défense vise à contester la requalification a posteriori des faits par la CAF.

Le TAS, compétent pour statuer en dernier ressort, devra déterminer si la décision de la CAF est conforme aux textes et à l’esprit des compétitions sportives africaines. Il pourrait s’appuyer sur des jurisprudences similaires, comme l’affaire de la Fédération sud-africaine de football contre la CAF, où le TAS avait annulé une sanction pour vice de procédure.

Quelles conséquences pour les prochaines semaines ?

Le recours du Sénégal devant le TAS n’a pas d’effet suspensif, ce qui signifie que la décision de la CAF reste en vigueur jusqu’à un éventuel revirement. Le contentieux en est encore à ses débuts, avec une phase préliminaire axée sur la recevabilité de la requête. Le Sénégal a notamment demandé la suspension des délais pour déposer son mémoire, en attendant la notification de la décision motivée.

Sur le fond, l’issue du litige dépendra de l’appréciation du TAS. Deux scénarios sont possibles : soit il annule la décision de la CAF, rétablissant le titre du Sénégal, soit il confirme la sanction, entérinant la victoire du Maroc. Quelle que soit la décision, elle sera définitive et s’imposera aux deux fédérations.