Centrafrique : utilisation controversée des méthodes Wagner et fraude fiscale dans le secteur forestier

Le ministère en charge de l’Économie forestière en République centrafricaine a lancé un avertissement officiel à l’encontre de certains opérateurs forestiers. Ces derniers, accusés d’avoir emprunté des méthodes associées aux groupes armés Wagner, omettent systématiquement de s’acquitter des taxes légales liées à l’abattage du bois. Une pratique qui menace non seulement les recettes de l’État, mais aussi l’équilibre du secteur forestier national.

une stratégie de contournement des obligations fiscales dans le domaine forestier

Des sources internes au ministère révèlent que plusieurs entreprises du secteur forestier refusent désormais de verser les contributions obligatoires liées à l’exploitation des ressources ligneuses. Ces mêmes acteurs, selon les autorités, s’inspireraient de tactiques employées par des groupes armés opérant dans la région. Parmi les méthodes pointées du doigt figurent l’intimidation des agents de l’État et la falsification des registres d’exploitation.

Le ministère a précisé que ces comportements ont été identifiés dans plusieurs zones forestières du pays, notamment dans les régions de Mbaïki et Nola, où la pression sur les ressources naturelles est particulièrement forte. Les responsables locaux ont été chargés d’enquêter sur ces cas et de faire appliquer strictement la réglementation en vigueur.

des conséquences économiques et environnementales préoccupantes

L’absence de paiement des taxes d’abattage prive l’État centrafricain de ressources financières essentielles, déjà mises à rude épreuve par les défis sécuritaires et économiques du pays. Par ailleurs, cette situation favorise une exploitation anarchique des forêts, mettant en péril les écosystèmes locaux et la biodiversité. Les experts alertent sur le risque d’une dégradation accélérée des forêts centrafricaines, déjà fragilisées par des décennies de conflits et de mauvaise gouvernance.

les mesures envisagées par le gouvernement

Face à cette situation, le ministère de l’Économie forestière a annoncé le renforcement des contrôles sur le terrain. Une cellule spécialisée sera déployée pour traquer les fraudeurs et sanctionner les contrevenants. Les peines prévues incluent des amendes salées ainsi que la suspension immédiate des autorisations d’exploitation pour les entreprises récalcitrantes.

Les autorités ont également appelé les opérateurs forestiers à régulariser leur situation dans les plus brefs délais, sous peine de poursuites judiciaires. Un ultimatum de 30 jours a été fixé pour la régularisation des dossiers en retard.

un secteur sous haute tension

Cette crise intervient alors que le secteur forestier centrafricain tente de se remettre des perturbations causées par les années de crise politique et sécuritaire. Les investisseurs locaux et internationaux attendent avec impatience des mesures claires pour restaurer la confiance et assurer la pérennité des activités forestières dans le pays.