Le MAC 20 alerte sur la timidité de l’engagement politique des chrétiens au Sénégal
L’organisation de la société civile Mouvement autonome chrétien pour le développement durable (MAC 20) a pointé du doigt, lors d’un forum organisé à Mbour, au sud de Dakar, l’insuffisance de la participation des chrétiens sénégalais à la vie politique du pays. Cette rencontre, tenue en présence du ministre des Forces armées, Augustin Tine, s’inscrivait dans la préparation des élections législatives du 30 juillet 2017.
Un appel à un leadership chrétien renforcé
Sous la présidence d’Emile Daly Diouf, président du MAC 20, l’organisation a plaidé pour une implication plus massive des catholiques dans les instances politiques. « Malgré notre statut de minorité, nous devons ambitionner un engagement politique bien plus marqué », a-t-il déclaré. Le mouvement souligne l’absence de véritable leadership chrétien au sein des partis, malgré la présence de croyants dans ces structures. « Les chrétiens doivent accéder aux lieux où se prennent les décisions majeures, afin de faire entendre leur voix et peser sur les choix politiques », a-t-il insisté.
Le MAC 20 ne se contente pas de constater cette faiblesse : il se positionne comme un accompagnateur des autorités religieuses et des candidats chrétiens. « Notre rôle n’est pas de présenter des candidats, mais de les soutenir pour qu’ils accèdent à des positions de leadership », a précisé Emile Daly Diouf. Cette approche vise à renforcer la visibilité des chrétiens dans l’arène politique nationale, notamment en vue de l’élection présidentielle de 2019.
Une représentation politique quasi inexistante
Hélène Tine, parlementaire chrétienne et figure engagée, a confirmé cette réalité en évoquant la faible représentation des chrétiens au Parlement. « Nous sommes des citoyens à part entière et devons participer activement à la gestion des affaires publiques », a-t-elle affirmé, rappelant l’appel des évêques à s’impliquer en politique. Elle a souligné que sur les 150 députés que compte l’Assemblée nationale, seuls trois sont chrétiens, dont une femme — elle-même. « Cette sous-représentation s’explique par leur relégation à des places non éligibles sur les listes nationales », a-t-elle analysé.
Hélène Tine a également insisté sur la nécessité de promouvoir la diversité au sein des partis politiques, un principe historique du Sénégal. « Les chrétiens, tout comme les autres composantes de la société, doivent être encouragés à briguer des responsabilités électives », a-t-elle conclu, rappelant que leur engagement reste essentiel pour préserver l’équilibre social et politique du pays.