La deuxième édition du Forum international de la diaspora (FID) s’ouvre aujourd’hui au Centre international de conférences de Bamako (CICB) pour trois jours intenses de réflexion et d’échanges. L’événement, qui se tient du 16 au 18 juillet 2026, a choisi un thème ambitieux : « Diaspora malienne et investissements productifs : bâtir un Mali économiquement fort pour un développement durable ». Une occasion unique de mobiliser les talents de la diaspora au service d’une économie nationale plus dynamique et résiliente.
Le Maroc, invité d’honneur, partage son expérience avec le Mali
Le Royaume du Maroc, pays invité d’honneur de cette édition, incarne une collaboration exemplaire entre deux nations confrontées à des défis similaires. Comme l’a souligné l’ambassadeur marocain au Mali, Driss Isbayène, les deux pays comptent une diaspora nombreuse, estimée à plusieurs millions de ressortissants à l’étranger. Une réalité qui pousse Bamako et Rabat à trouver des solutions innovantes pour transformer cette ressource humaine en levier de croissance.
« Les deux pays partagent un objectif commun : réussir à maintenir un lien fort avec leur diaspora, tout en l’encourageant à investir dans des projets porteurs et durables », a-t-il expliqué. Une mission d’autant plus cruciale que ces investissements peuvent catalyser le développement économique et social des nations d’origine.
Une diaspora engagée et reconnaissante
Parmi les participants, Alimatou Diallo, une Sénégalaise installée au Mali depuis plusieurs années, a partagé son expérience positive. « Depuis mon arrivée à Bamako, je me sens pleinement intégrée et soutenue », confie-t-elle. « Cette initiative nous donne les moyens de grandir et de promouvoir nos produits à l’échelle nationale et internationale. » Son témoignage illustre l’importance de créer des espaces où chaque membre de la diaspora se sent valorisé et utile.
Les autorités maliennes misent sur la diaspora comme pilier du développement
Le Premier ministre malien, le général de division Abdoulaye Maïga, a présidé l’ouverture des travaux, marquant ainsi l’engagement de l’État envers cette cause. Habib Sylla, président du Haut Conseil des Maliens établis à l’extérieur, a rappelé les paroles fortes du chef de l’État de transition, le général d’armée Assimi Goïta, lors de la précédente édition : « N’hésitez pas à revenir investir chez vous. Je suis à votre disposition pour lever tous les obstacles. » Une déclaration perçue comme un signal fort de soutien et d’encouragement.
« C’est le message le plus encourageant que la diaspora pouvait espérer », a réagi Habib Sylla. Il a appelé les Maliens de l’extérieur à investir dans des secteurs stratégiques, où leur expertise et leurs réseaux peuvent faire la différence.
Le ministre des Maliens établis à l’extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag Attaher, a souligné que « la diaspora n’est pas un acteur marginal, mais un élément central de l’avenir du pays ». Il a présenté le Diaspora Hub comme bien plus qu’une simple plateforme numérique : « une infrastructure conçue pour ancrer durablement les Maliens de l’étranger à leur patrie, à ses institutions et aux opportunités de développement. »
Une vision stratégique pour un Mali souverain et prospère
Le Premier ministre Abdoulaye Maïga a réaffirmé l’ambition du Mali : « Bâtir une nation souveraine, prospère et résiliente en mobilisant toutes les compétences, y compris celles de notre diaspora. » Une vision qui s’inscrit dans la dynamique de l’Alliance des États du Sahel, offrant un cadre renouvelé pour l’intégration économique, la solidarité régionale et la coopération mutuellement bénéfique.
« La diaspora malienne est un pont entre le Mali, l’espace confédéral et le reste du monde, grâce à son expertise, son expérience et sa capacité d’investissement », a-t-il ajouté. Leur rôle est désormais reconnu comme essentiel pour accélérer la transformation économique et sociale du pays.