Les élections présidentielles africaines de 2025 ont révélé une tendance inquiétante : des scrutins verrouillés avant même le dépôt des candidatures. À Djibouti comme au Bénin, les résultats ont confirmé cette logique avec des scores dépassant les 90 % pour les candidats sortants. Ismaïl Omar Guelleh et Romuald Wadagni ont ainsi décroché des victoires écrasantes, sans réelle concurrence.
À Djibouti, l’un des principaux opposants, Alexis Mohamed, a finalement renoncé à se présenter. Les frais de candidature exorbitants et les craintes pour sa sécurité ont pesé dans sa décision. Ces obstacles financiers ont transformé le scrutin en une formalité, selon plusieurs observateurs. Le quotidien britannique cité dans un article récent souligne que ces élections ressemblaient davantage à une cérémonie qu’à un véritable processus démocratique.
Le portefeuille, nouveau juge électoral
Cette situation n’est pas isolée sur le continent. Les candidats d’opposition se heurtent systématiquement à des coûts de campagne prohibitifs, souvent présentés comme des « frais de nomination » ou des cautions financières. Ces exigences financières servent de filtre, éliminant les challengers avant même le début de la campagne officielle.
Au Bénin, la présidentielle d’avril 2026 a illustré cette mécanique implacable. Romuald Wadagni, figure proche du pouvoir, a hérité d’un score de 94 %, tandis que les autres candidats, faute de moyens, n’ont pu rivaliser. Le système favorise clairement les sortants, capables de mobiliser des ressources bien supérieures.
Les observateurs locaux dénoncent une « démocratie à deux vitesses », où les règles du jeu sont écrites pour avantager un camp. Les frais de campagne deviennent ainsi l’arme invisible d’un verrouillage politique.