À partir du 1er janvier 2027, Libreville interdit les importations de poulets congelés. Le Gabon vise une production annuelle de 125 000 tonnes de volailles de chair d’ici 2028, dans le cadre d’un programme de 700 milliards de francs CFA présenté par le ministre de l’Agriculture, Pacôme Kossi, devant les députés le 2 juin 2026. L’ambition est d’atteindre l’autosuffisance en viande de volaille et de réduire la dépendance aux marchés extérieurs.

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Un écosystème à construire pour l’industrie avicole gabonaise

Le succès de ce projet repose sur la mise en place de toute la chaîne de production, estime Hervais Omva, président de l’ONG IDRC AFRICA. Il souligne que la production locale de maïs et de soja est cruciale, car ces céréales représentent environ 75% de l’alimentation des volailles. Produire localement des millions de tonnes de ces matières premières constitue un défi majeur. Par ailleurs, la création d’emplois est un enjeu central. Certains abattoirs automatisés peuvent traiter 60 000 poulets par jour avec seulement vingt employés, ce qui nécessite un modèle adapté aux réalités locales si l’on veut aussi réduire le chômage des jeunes.

Le Gabon mise sur les investisseurs africains

Libreville cherche à mobiliser des capitaux africains pour financer cette transformation. Après l’appel lancé par Brice Clotaire Oligui Nguema lors du sommet de Kigali en mai 2026, plusieurs opérateurs ont été reçus au Palais présidentiel en juin. Le gouvernement affirme que le dispositif technique est prêt et qu’une banque d’investissement est déjà opérationnelle. Un éleveur de Port-Gentil, qui possède un élevage de 10 000 poulets, voit dans cette politique une opportunité, mais souligne que le passage à une production industrielle nécessite des investissements considérables.

Une filière à structurer pour l’avenir

La pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine ont révélé la vulnérabilité des pays importateurs. Le Gabon souhaite renforcer sa production nationale pour réduire cette dépendance. Avec 54,6% de la population âgée de moins de 26 ans et un taux de chômage des jeunes estimé entre 30% et 38%, le développement de la filière avicole représente un enjeu à la fois agricole, économique et social. Hervais Omva lance un appel aux jeunes Africains : « Le président a tracé la voie. Les investisseurs sont prêts. »