Le Gabon et le Fonds monétaire international (FMI) ont franchi une étape décisive dans leur collaboration. Le 23 juillet dernier, à Libreville, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a reçu Régis Olivier N’Sondé, administrateur représentant le Gabon au conseil d’administration du FMI. Leur objectif : poser les bases d’un nouveau programme de coopération financière, avec une signature prévue avant la fin 2026. Ce cadre vise à renforcer la stabilité économique du pays, dans un contexte où les défis budgétaires persistent.

Le PNCD, pilier des réformes économiques gabonaises

Le Plan national de développement pour la transition (PNCD) sert de référence aux discussions avec le FMI. Ce document stratégique, adopté par les autorités gabonaises, trace la voie d’une économie moins dépendante des revenus pétroliers. Il prévoit notamment la modernisation des infrastructures, l’amélioration de la gouvernance publique et la diversification des secteurs porteurs. Ce plan sera le socle des réformes exigées par le FMI en échange d’un soutien budgétaire et technique.

Pour le gouvernement de transition, ce partenariat est un levier essentiel pour restaurer la confiance des partenaires financiers. Après des années de difficultés liées à la fluctuation des prix du pétrole, le Gabon cherche à sécuriser ses marges de manœuvre budgétaires tout en maintenant ses investissements publics. Un accord avec le FMI enverrait également un signal fort aux agences de notation et aux investisseurs internationaux, alors que d’autres pays de la Cemac entament des négociations similaires avec l’institution.

Un calendrier ambitieux pour des réformes durables

Le processus de négociation s’étendra sur dix-huit mois, jusqu’en décembre 2026. Ce délai permettra d’harmoniser les analyses macroéconomiques, d’ajuster les objectifs de réduction des déficits et de fixer des indicateurs de suivi précis. Les précédents programmes avec le FMI ont souvent buté sur des obstacles, comme le contrôle de la masse salariale ou l’efficacité de la collecte fiscale. Les parties prenantes comptent s’appuyer sur ces retours d’expérience pour concevoir un dispositif plus résilient.

Régis Olivier N’Sondé, dont le rôle est central dans ce dialogue, a souligné l’importance d’un accompagnement adapté à la transition politique et économique du Gabon. Les échanges avec Hermann Immongault ont porté sur des enjeux majeurs : la trajectoire de la dette publique, l’augmentation des recettes hors pétrole et l’optimisation des dépenses publiques — trois axes majeurs du PNCD.

Vers une économie gabonaise plus autonome et compétitive

Au-delà des aspects financiers, le futur programme intègre une dimension stratégique : renforcer la souveraineté économique du Gabon. Les autorités visent à développer des filières locales, notamment dans les secteurs du bois, du manganèse et des hydrocarbures, pour réduire les exportations de matières premières brutes. L’industrialisation et la création d’emplois qualifiés figurent parmi les priorités affichées.

Le climat des affaires est également un point de discussion clé. Le FMI encourage une simplification des exonérations fiscales, une transparence accrue dans les marchés publics et un renforcement des organes de contrôle. Ces recommandations rejoignent les orientations du gouvernement gabonais, qui cherche à améliorer l’attractivité du pays. Reste à concrétiser ces engagements par des mesures mesurables et des étapes préalables avant tout décaissement.

Dans les mois à venir, des missions techniques du FMI se rendront à Libreville pour affiner les données économiques. L’objectif : finaliser un mémorandum de politique économique, condition sine qua non pour obtenir un soutien financier, qu’il s’agisse d’un accord de crédit ou d’un mécanisme non financier. Pour l’exécutif gabonais, l’enjeu est double : consolider la crédibilité budgétaire du pays et donner les moyens au PNCD de concrétiser ses ambitions.