Libreville, mardi 30 juin 2026 – Face aux difficultés persistantes d’accès à l’eau et à l’électricité, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a choisi une approche directe pour désamorcer une crise latente à la SEEG. Plutôt que de gérer ce dossier à distance, il s’est rendu au centre de formation Jean Violas d’Owendo pour échanger avec les agents.

Durant près de trois heures, le chef de l’État a écouté, questionné, recentré le débat et fixé une feuille de route claire. Cette démarche marque un tournant dans la gestion d’un dossier stratégique pour l’économie et la société gabonaises.
Organisée lundi à la demande des employés, cette rencontre s’inscrit dans un contexte où la mauvaise qualité des prestations de la SEEG exaspère la population : coupures fréquentes, accès difficile à l’eau potable, infrastructures vétustes et questions sur la gestion de l’entreprise. Ce dialogue traduit la volonté du pouvoir exécutif de restaurer une communication directe avec le terrain pour identifier les causes réelles des dysfonctionnements et accélérer les solutions.
Une parole libérée sur les défis de la SEEG
Les discussions ont permis aux agents d’exposer sans filtre les réalités quotidiennes : accumulations de dysfonctionnements, problèmes organisationnels, contraintes techniques et lacunes managériales. Ils ont reconnu que le redressement durable de la SEEG nécessite une remise en question collective et une évolution profonde des pratiques, ainsi qu’un engagement de tous les responsables.
Cette prise de conscience interne représente une avancée. Elle montre que le problème ne se limite pas aux investissements ou aux infrastructures, mais touche aussi à la gouvernance, à l’organisation du travail et à la culture de performance. Beaucoup y voient une rupture avec l’époque où les responsabilités étaient systématiquement rejetées sur l’État ou les contraintes techniques.
La gouvernance au cœur de la réforme
Prenant acte des constats, le président a placé la gouvernance au centre de son intervention. Il a souligné qu’aucune réforme ne peut aboutir sans rigueur, transparence, responsabilité et sens de l’intérêt général. La modernisation de la SEEG ne dépend pas seulement de financements ou de projets d’infrastructures, mais aussi de la qualité du management et de la capacité des cadres à assumer leurs missions.
Cette exigence de redevabilité intervient alors que les autorités multiplient les réformes pour renforcer l’efficacité des services publics. L’objectif est de reconstruire la confiance entre la SEEG et les usagers, mise à mal par les difficultés récurrentes, en visant une entreprise plus performante et tournée vers la satisfaction des citoyens.
L’eau et l’électricité comme piliers du développement
Brice Clotaire Oligui Nguema a rappelé que l’accès à l’eau potable et à l’électricité ne relève pas de la seule technique : ce sont des leviers essentiels pour le développement économique, la santé publique, l’éducation et l’amélioration des conditions de vie. Cette vision explique l’attention portée au dossier énergétique depuis la Transition et après l’élection présidentielle.
Lors de sa visite des ateliers du centre Jean Violas, le chef de l’État a évalué les capacités de cette infrastructure, appelée à jouer un rôle clé dans le renforcement des compétences techniques. La formation des ressources humaines est désormais un pilier de la transformation attendue.
À l’issue des échanges, les agents ont réaffirmé leur volonté de participer activement au redressement. Leur engagement, conjugué à celui des autorités, vise à faire émerger une SEEG modernisée, capable d’offrir un service fiable et de répondre aux attentes des Gabonais.
Dans un pays où les défis énergétiques conditionnent les perspectives de croissance, cette rencontre dépasse le simple cadre social. Elle symbolise une conviction forte : les crises complexes ne se résolvent pas uniquement par des décisions administratives, mais aussi par l’écoute, la responsabilité partagée et la mobilisation autour de l’intérêt général. C’est ce message que le président a porté en plaçant le dialogue au cœur de la transformation de la SEEG.