À Kinshasa, la question d’un éventuel changement de la Constitution en République Démocratique du Congo (RDC) continue de diviser les acteurs politiques. Face à cette situation, une structure de jeunes congolais, la Nouvelle Génération, a pris position hier lors d’une conférence de presse organisée dans la capitale congolaise. Leur message est clair : toute réforme constitutionnelle devra répondre à des exigences précises avant d’être envisagée.

Trois conditions non négociables posées par la jeunesse congolaise

Lors de cette rencontre, la Nouvelle Génération a rappelé que la réflexion autour de la Constitution n’est pas un délit, mais un droit fondamental. Cependant, elle a jugé nécessaire d’imposer trois critères stricts pour envisager une telle réforme. Ces conditions visent à garantir que la modification ne serve pas des intérêts particuliers au détriment de la Nation.

Les trois exigences formulées sont :

  • Une nécessité clairement démontrée : la réforme doit répondre à un besoin réel et immédiat pour la population congolaise. Les jeunes demandent des réponses précises aux questions suivantes : pourquoi changer la Constitution aujourd’hui ? Quels problèmes spécifiques cette réforme entend-elle résoudre ?
  • Un consensus national élargi : la modification doit être approuvée par une majorité significative de la population et des acteurs politiques pour éviter toute division supplémentaire.
  • Un climat politique apaisé : la réforme doit être menée dans un environnement où le dialogue et la concertation priment sur les tensions et les divisions.

Mukenge Totoro, porte-parole de la structure, a insisté sur l’importance de ces conditions : « Avant d’être pour ou contre une réforme, nous devons nous interroger sur ses véritables motivations. Qui en bénéficiera réellement ? La Nation ou certains acteurs politiques ? Comment cette réforme renforcera-t-elle la démocratie et non des intérêts égoïstes ? »

Une jeunesse déterminée à jouer un rôle actif dans la transformation nationale

Face aux rapports de force entre la majorité et l’opposition, la Nouvelle Génération a réaffirmé ses priorités : la République, la stabilité et le peuple congolais. Elle a également appelé la jeunesse à refuser d’être instrumentalisée comme une simple force de mobilisation électorale. Selon le mouvement, les jeunes doivent se positionner comme une force de réflexion, de proposition et de contrôle citoyen.

« La jeunesse congolaise ne doit plus être perçue comme une réserve électorale, mais comme un acteur clé du développement et de la transformation nationale », a souligné Mukenge Totoro. Le mouvement encourage les jeunes à s’engager activement dans le débat public, en proposant des idées constructives plutôt qu’en se limitant à des slogans politiques.

Réaction face à la journée « ville morte » à Kinshasa

La structure a également réagi à l’appel à une journée « ville morte » lancé par l’opposition ce mercredi à Kinshasa. Pour la Nouvelle Génération, cette initiative relève d’un droit légitime de contestation, reconnu par la Constitution. Cependant, elle a appelé toutes les parties à privilégier le dialogue et les réformes constructives plutôt que les actions de blocage.

« La RDC a besoin d’une opposition qui propose autant qu’elle conteste. Nous encourageons toutes les parties à privilégier les voies du dialogue et des idées pour construire ensemble un avenir meilleur », a déclaré le porte-parole.

Cette prise de position de la jeunesse congolaise intervient dans un contexte où le débat sur la réforme constitutionnelle enflamme la classe politique. Les exigences posées par la Nouvelle Génération pourraient bien influencer l’orientation future de ce dossier sensible.