Le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) a confirmé, lors de son premier congrès ordinaire, la reconduction de Laurent Gbagbo à sa tête. Malgré des déclarations antérieures évoquant un retrait progressif de la vie politique, l’ancien président ivoirien, désormais âgé de 80 ans, conserve ainsi une influence majeure au sein de son parti. Cette décision survient dans un contexte marqué par des difficultés électorales et des divisions internes.

Laurent Gbagbo lors d'un discours devant ses partisans en Côte d'Ivoire

L’ex-chef d’État ivoirien, qui a dirigé le pays entre 2000 et 2011, n’a pu participer à l’élection présidentielle d’octobre 2025 en raison d’une condamnation pénale l’excluant des listes électorales. Son parti, le PPA-CI, avait choisi de ne soutenir aucun candidat, boycottant ainsi les scrutins législatifs de décembre 2025. Résultat : le parti se retrouve aujourd’hui sans représentation parlementaire, avec seulement quelques maires dans ses rangs.

Un congrès sous le signe de l’unité et des tensions

Vendredi, à l’issue de trois jours de travaux, les délégués du PPA-CI ont massivement acclamé le maintien de Laurent Gbagbo à la présidence du parti. Arrivé sous les ovations au Palais des congrès de Treichville à Abidjan, l’ancien président a salué l’enthousiasme de ses militants avant de promettre un discours détaillé le lendemain à Songon. Cette reconduction, bien que contestée par certains membres, reflète la persistance de son aura au sein de l’organisation politique.

Le congrès a également été marqué par une motion de soutien à l’Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Cette initiative, accueillie avec enthousiasme, s’inscrit dans une dynamique de rupture avec la Côte d’Ivoire actuelle. Parallèlement, des sanctions ont été prises contre deux figures du parti accusées de désobéissance : Ahoua Don Mello, radié pour avoir brigué la présidence en 2025 contre l’avis du parti, et Stéphane Kipré, suspendu pour 18 mois après avoir participé aux législatives en indépendant.

Un parti divisé et un avenir politique incertain

La trajectoire politique de Laurent Gbagbo reste étroitement liée à sa capacité à retrouver ses droits civiques. Une réinscription sur les listes électorales, conditionnée à une amnistie du président Alassane Ouattara, pourrait lui permettre de rebondir. Pourtant, le PPA-CI traverse une phase de fragmentation, avec plusieurs figures historiques ayant quitté ses rangs, comme Simone Ehivet Gbagbo, son ex-épouse, Charles Blé Goudé ou Pascal Affi N’Guessan.

Alors que le parti se reconstruit après des années de boycott et de divisions, l’avenir de Laurent Gbagbo dépendra autant de sa santé que des décisions judiciaires et politiques à venir. Une chose est sûre : son influence, bien que contestée, continue de structurer le paysage politique ivoirien.