Romuald Wadagni, figure politique majeure du Bénin, a été élu président avec un score historique de 94 % des suffrages exprimés lors du scrutin du 12 avril. Son unique adversaire, Paul Hounkpe, a subi une défaite sans appel. La dynamique politique s’est ensuite réorganisée avec la formation d’une coalition entre le parti de Hounkpe et la majorité parlementaire en place.
La cérémonie d’investiture, marquée par une affluence record de plus de 6 000 participants, a réuni des personnalités clés : dirigeants d’institutions étatiques, magistrats de la Cour constitutionnelle, corps diplomatique, ainsi que les anciens présidents Nicéphore Soglo et Thomas Boni Yayi. La présence remarquée du Premier ministre nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine a symbolisé une volonté de dialogue et de rapprochement après des mois de tensions diplomatiques entre les deux nations.
Un engagement solennel pour la stabilité et l’unité nationale
Dans un discours prononcé sous le regard de la présidente de la Cour constitutionnelle, Dorothe Sossa, Romuald Wadagni a réaffirmé sa détermination à préserver l’ordre constitutionnel, à consolider la paix intérieure et à promouvoir la cohésion nationale. Il a promis de gouverner avec intégrité et transparence, en plaçant l’intérêt général au-dessus de tout autre considération. « Le Bénin ne se soumettra ni à la peur ni à la complaisance », a-t-il déclaré, soulignant que son gouvernement n’hésiterait pas à agir avec fermeté face aux menaces pesant sur la sécurité ou l’unité du pays.
Par ailleurs, le nouveau chef de l’État a annoncé son intention de renforcer les liens avec les pays voisins, notamment le Niger et le Burkina Faso, où des régimes militaires sont actuellement en place. Cette approche vise à rétablir des relations apaisées et à favoriser une coopération régionale renforcée.
Un parcours marqué par l’expertise économique et la continuité institutionnelle
À 49 ans, Romuald Wadagni arrive à la présidence après une carrière dédiée à la gestion publique et à la transformation économique du Bénin. Ancien consultant chez Deloitte, il a rejoint l’équipe gouvernementale en 2016 sous la présidence de Patrice Talon, occupant successivement les postes de ministre de l’Économie et des Finances, puis de ministre principal. Son action à la tête du ministère des Finances a été saluée pour avoir réduit le déficit budgétaire à environ 3 % du PIB, grâce à des réformes fiscales audacieuses.
Son élection survient dans un contexte de croissance économique soutenue, mais où persistent des défis majeurs : inégalités sociales persistantes et insécurité croissante dans les zones septentrionales du pays. Face à ces enjeux, Wadagni promet une gouvernance rigoureuse, alliant rigueur budgétaire et politiques sociales inclusives.
Un mandat présidentiel étendu : entre opportunités et responsabilités
Avec l’adoption de la réforme constitutionnelle de 2025, le mandat présidentiel passe désormais de 5 à 7 ans, tout en maintenant la limite maximale de deux mandats. Romuald Wadagni devient ainsi le cinquième président du Bénin depuis le retour à la démocratie en 1990, une période durant laquelle le pays a engagé des réformes structurelles profondes.