Le Bénin, une porte d’entrée idéale pour les investisseurs sud-coréens
Séoul, 2 juin — La ministre béninoise des Affaires étrangères, Corinne Amori Brunet, a mis en avant lundi les nombreux atouts du Bénin pour séduire les entreprises venues de Corée du Sud. Lors d’un entretien accordé à l’occasion de la réunion des ministres des Affaires étrangères de Corée et d’Afrique, elle a souligné que son pays représente une plateforme stable et stratégique pour accéder au vaste marché ouest-africain.
«Considéré isolément, le Bénin peut sembler un petit marché, mais il offre bien plus que cela», a-t-elle déclaré. Parmi ses principaux arguments, elle a cité la stabilité politique, des politiques pro-investissement et une position géographique avantageuse au cœur de l’Afrique de l’Ouest. Contrairement à d’autres nations, le Bénin mise sur ces leviers plutôt que sur l’exploitation de ressources naturelles rares.
Membre actif de la CEDEAO et de l’UEMOA, le Bénin joue un rôle clé en tant que hub logistique maritime et corridor de distribution pour toute la région. Cette position lui permet de faciliter les échanges commerciaux entre l’Afrique de l’Ouest et le reste du monde. «Nous ne nous focalisons pas sur la recherche de minerais critiques, même si des études pourraient être menées. Notre priorité reste l’attraction d’investisseurs ciblant le marché régional», a-t-elle précisé.
La ministre a exprimé son souhait de voir le Bénin et la Corée du Sud renforcer leur coopération économique dans des domaines comme l’industrie, les échanges culturels et les investissements. «Les deux pays partagent une histoire similaire de transformation rapide et de développement accéléré», a-t-elle remarqué. Depuis près de dix ans, le Bénin modernise ses infrastructures et adapte ses politiques pour attirer davantage d’investisseurs étrangers, notamment sud-coréens.
Parmi les exemples concrets de cette dynamique, Corinne Amori Brunet a cité le port de Cotonou, désormais équipé pour une logistique intelligente et des procédures douanières dématérialisées, ainsi que la zone industrielle de Glo-Djigbé, un pôle économique majeur. Le gouvernement béninois a également digitalisé ses administrations pour simplifier les démarches aux investisseurs.
Cette rencontre à Séoul marque un tournant décisif après le sommet Corée-Afrique de 2024, selon la ministre. «Nous passons des promesses aux actes concrets», a-t-elle affirmé. Par ailleurs, elle a évoqué l’importance des échanges culturels, évoquant le retour de 26 artefacts béninois pillés et rapatriés en 2021 depuis la France. Une exposition itinérante de ces objets pourrait prochainement sillonner la Corée du Sud.
«La Corée du Sud a su transformer son économie en une génération. Nous faisons de même depuis plus de dix ans», a-t-elle conclu. Corinne Amori Brunet, en poste depuis seulement quelques semaines, effectue ici son premier déplacement officiel à l’étranger.