Une étude récente du Fonds monétaire international (FMI) met en lumière les défis liés à l’autonomie des Banques centrales dans plusieurs régions, dont l’Afrique du Nord. Selon le rapport, une indépendance accrue des institutions monétaires permettrait de mieux contrôler l’inflation et de renforcer la résilience face aux chocs économiques.
L’analyse se concentre sur les interactions entre politique budgétaire et politique monétaire, révélant que certains pays, dont le Maroc, l’Égypte, la Jordanie, l’Algérie et le Pakistan, présentent un niveau d’endettement public auprès du système bancaire supérieur à la moyenne régionale. Cette situation, qualifiée de dominance fiscale, se caractérise par une influence excessive des besoins de financement de l’État sur la conduite de la politique monétaire.
Lorsque l’État recourt massivement au système bancaire pour combler ses déficits publics, cela peut perturber la transmission de la politique monétaire, accentuer les pressions inflationnistes et fragiliser la crédibilité des Banques centrales. Par ailleurs, un endettement excessif limite l’accès des entreprises au crédit, freine l’investissement et freine la croissance économique.
Le FMI cite l’Égypte et le Pakistan comme exemples où une dette intérieure élevée a entravé la capacité des Banques centrales à ajuster leurs taux d’intérêt en temps voulu. Résultat : l’inflation persiste malgré la stabilisation progressive des chaînes d’approvisionnement mondiales.
Comment renforcer l’indépendance des Banques centrales ?
Face à ces constats, le FMI propose plusieurs pistes pour renforcer l’autonomie des institutions monétaires. À court terme, il recommande de :
- Protéger les Banques centrales des pressions politiques en consolidant leur cadre juridique ;
- Améliorer leur indépendance financière et leur gouvernance ;
- Établir des procédures transparentes pour la nomination des dirigeants et des membres des conseils ;
- Allonger les mandats pour éviter leur alignement sur les cycles électoraux ;
- Limiter la représentation gouvernementale au sein des organes décisionnels.
À moyen terme, l’institution insiste sur l’importance d’adopter des mécanismes de transparence, de redevabilité et de communication adaptés à chaque contexte national. Cependant, les bénéfices de ces réformes ne se matérialisent qu’à moyen ou long terme, en raison des délais législatifs et des écarts entre l’indépendance formelle et sa mise en œuvre effective.
En conclusion, le FMI rappelle que l’autonomie des Banques centrales, lorsqu’elle s’inscrit dans un cadre monétaire robuste, permet une gestion plus efficace de l’inflation et renforce la capacité des économies à absorber les chocs imprévus.