Un journaliste originaire de Centrafrique, ayant courageusement mis en lumière les mécanismes du système de désinformation orchestré par le groupe paramilitaire Wagner, s’est vu refuser sa demande d’asile en France. Cette décision suscite l’incompréhension parmi ses défenseurs, d’autant plus que son arrivée sur le territoire français en 2024, où il a trouvé refuge, avait été facilitée par une intervention directe de l’Élysée et du président Emmanuel Macron.

Ayant été un témoin privilégié de la propagande russe en Centrafrique, Ephrem Yalike-Ngonzo a joué un rôle crucial dans la dénonciation de la vaste machine de désinformation du Kremlin. Paradoxalement, il lui est aujourd’hui reproché d’avoir pris part à un système qu’il a par la suite activement contribué à révéler. Cette situation, qualifiée d’ubuesque par Henri Thulliez, l’un des avocats de la plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique, est au cœur de la controverse. Selon lui, « le motif du rejet de sa demande d’asile repose sur une prétendue participation d’Ephrem Yalike-Ngonzo à l’organisation de manifestations anti-Occident, notamment anti-France, à Bangui. » L’avocat souligne que le journaliste n’a jamais dissimulé ces faits, qui rendaient d’ailleurs ses révélations médiatiques d’autant plus pertinentes.

Un recours déposé devant la Cour nationale du droit d’asile

Les révélations d’Ephrem Yalike-Ngonzo ont eu des conséquences tangibles, menant à l’imposition de sanctions européennes contre Mikhaïl Prudnikov, considéré comme un acteur majeur du réseau d’influence de Moscou en Centrafrique. Son témoignage s’est avéré indispensable pour exposer les manœuvres russes de déstabilisation. « Refuser de lui accorder l’asile envoie un message extrêmement négatif à toutes les personnes à l’étranger, particulièrement en Afrique, qui s’engagent dans la lutte contre la propagande russe », alerte son avocat.

Un recours a été formellement déposé le jeudi 9 juillet auprès de la Cour nationale du droit d’asile. En attendant une décision, qui pourrait prendre environ un an, Ephrem Yalike-Ngonzo et sa famille demeurent cachés en France. Pendant ce temps, ses proches restés en Centrafrique sont régulièrement soumis à des interrogatoires, pressés de divulguer son lieu de résidence actuel.