le premier ministre sénégalais fustige l’ingérence occidentale sur l’homosexualité
Lors d’une intervention devant les députés ce vendredi 22 mai, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a vivement critiqué l’attitude de certains pays occidentaux, qu’il qualifie de « tyrannie » pour leur volonté présumée d’imposer l’homosexualité au monde entier. Il a catégoriquement rejeté toute idée de suspendre l’application de cette loi, récemment promulguée par le président Bassirou Diomaye Faye.
Cette législation, adoptée début mars puis signée fin du même mois, s’inscrit dans un contexte marqué par une montée des tensions sociales et une série d’arrestations liées à l’homosexualité présumée au Sénégal. Les relations entre personnes de même sexe y sont considérées comme une infraction grave, une position défendue depuis longtemps par la majorité au pouvoir dans ce pays à forte tradition musulmane.
une fermeté sans faille face aux critiques étrangères
« Il existe une forme de dictature. Nous sommes huit milliards d’habitants sur Terre, mais une minorité occidentale, malgré des divisions internes, cherche à imposer ses valeurs au reste du monde. Au nom de quel droit ? », a interrogé Ousmane Sonko devant l’assemblée. Il a ajouté avoir été témoin de « nombreuses réactions hostiles » après l’adoption de la loi, notamment en provenance de France, où certains milieux politiques et médiatiques ont exprimé leur désapprobation.
Le chef du gouvernement a martelé son refus de toute leçon de morale : « S’ils ont choisi ces pratiques, c’est leur affaire. Mais nous n’avons aucun compte à leur rendre, absolument aucun. »
Il a par ailleurs souligné que les pays asiatiques, africains et arabes ne s’étaient pas joints aux critiques occidentales, renforçant ainsi la légitimité de la position sénégalaise. « Si cette loi doit être encore durcie, elle le sera », a-t-il assuré, tout en appelant la justice à appliquer le texte avec rigueur et impartialité.
Son objectif affiché ? Mettre fin à la propagation de l’homosexualité sur le territoire national. Une position qui reflète la ligne dure du gouvernement actuel, dont cette réforme était une promesse électorale majeure.
refus catégorique de tout moratoire
Ousmane Sonko a également balayé d’un revers de main les appels au report de l’application de la loi, lancés par un collectif de trente personnalités d’origine africaine dans une tribune publiée mi-mai. Ces dernières dénonçaient un « climat de peur, de haine et de violence » ayant émergé depuis l’entrée en vigueur du texte.
« Il n’y aura aucun moratoire. Une partie de nos élites souffrent d’un complexe d’infériorité »,
a rétorqué le Premier ministre, mettant en lumière les divisions internes au sein de la classe politique sénégalaise.
Cette fermeté affichée s’inscrit dans une dynamique plus large, où le gouvernement mise sur une politique sécuritaire et morale pour consolider son assise populaire. L’homosexualité reste un sujet hautement sensible au Sénégal, où elle est perçue comme une menace à l’ordre social et religieux traditionnel.