Les parlementaires ont massivement approuvé le projet du Pastef, tout en rejetant les amendements gouvernementaux.

Senegal Dakar 2009 | Bâtiment de l'Assemblée nationale

Avec 129 suffrages favorables, la majorité parlementaire du Pastef a fait adopter la loi de révision constitutionnelle. L’opposition a boycotté la séance, en particulier après l’expulsion d’Abdou Mbow, un député qui refusait de céder le pupitre.

Le ministre de la Justice, Moussa Sarr, présentait le gouvernement et a plaidé pour ses quatre amendements. Ceux-ci ont tous été rejetés par les députés de la majorité.

L’opposition claque la porte

Les députés opposants ont accusé Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale, d’avoir enfreint le règlement intérieur, justifiant ainsi leur boycott.

Ils ont qualifié cette révision constitutionnelle du Pastef de « forfaiture ».

Aïssata Tall Sall, présidente du groupe parlementaire de l’opposition, a affirmé que l’objectif était atteint : montrer au monde que l’Assemblée nationale est le théâtre de « dictature et de forfaiture », avec l’évacuation d’un député qui n’exerçait que son droit de parole.

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Gouvernement et Pastef en désaccord sur les amendements

Moussa Sarr a vu ses quatre amendements rejetés par les députés du Pastef. Selon lui, ces amendements visaient à corriger une rupture d’équilibre entre le président et l’Assemblée nationale, au profit de cette dernière. Il a expliqué que cette révision touche à des questions majeures et altère les équilibres du régime, notamment en permettant dix motions de censure par législature contre une seule dissolution possible pour le président, ce qui rompt l’équilibre institutionnel.

Des divergences entre le président et Ousmane Sonko

Parmi les désaccords entre le Pastef et le président Bassirou Diomaye Faye, l’obligation de déclaration de patrimoine en début et fin de mandat est un point clé. Selon Ousmane Sonko, cette divergence ne devrait pas exister, car il s’agit d’engagements pris ensemble. Il a reproché au président d’avoir repris le texte en ne conservant que ce qui l’arrange, reniant des engagements issus d’un dialogue politique et portés par le parti depuis plus de dix ans.

Sonko a enjoint au président de promulguer la loi, mais ce dernier préfère la soumettre à un référendum.

Des manifestations de l’opposition et de la société civile ont eu lieu ce lundi matin près de l’Assemblée nationale.