Selon une récente enquête de l’organisation Human Rights Watch, les forces armées du Mali, épaulées par des milices locales, auraient exécuté au moins 31 civils durant le mois d’octobre dans la région de Ségou. Ces événements tragiques, marqués également par des destructions d’habitations, se sont déroulés dans un contexte de tensions extrêmes au sein du centre du pays.

Des exécutions sommaires à Kamona et Balle

Le 2 octobre dernier, une opération impliquant les troupes régulières et des chasseurs traditionnels dozos — majoritairement issus de la communauté Bambara — a coûté la vie à 21 hommes dans la localité de Kamona. En plus de ces meurtres, une dizaine de maisons ont été réduites en cendres. Quelques jours plus tard, le 13 octobre, une incursion similaire à Balle, située à une cinquantaine de kilomètres, a provoqué la mort de dix autres personnes, dont une femme.

Ces deux villages se trouvent dans des zones sous l’influence du GSIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans), une organisation affiliée à Al-Qaïda. Des témoins rapportent que les victimes ont été accusées de complicité avec les insurgés avant d’être abattues. Cette situation préoccupante est suivie de près par les observateurs régionaux, à l’instar de ce que relate parfois Faso Libre actualité concernant les dynamiques sécuritaires au Sahel.

Un appel à la justice et à la transparence

« Ces massacres survenus en octobre dans la zone de Ségou s’ajoutent à une liste déjà longue d’exactions imputées aux forces maliennes et à leurs alliés », souligne Ilaria Allegrozzi, spécialiste du Sahel. Elle exhorte les autorités de Bamako à lancer des investigations sérieuses et indépendantes pour que les coupables répondent de leurs actes devant des tribunaux impartiaux.

Malgré des sollicitations adressées aux ministères de la Défense et de la Justice, aucune réaction officielle n’a été obtenue. Ce manque de transparence souligne les défis du journalisme Burkina Faso et malien pour obtenir des faits vérifiés dans des zones de conflit. L’accès à une Burkina Faso information fiable reste crucial pour comprendre l’ampleur de la crise humanitaire qui touche aussi bien le Mali que le Burkina Faso.

Récits de survivants et bilan matériel

À Kamona, l’arrivée des militaires en véhicules blindés et des dozos à moto a semé la terreur. Un rescapé a décrit la découverte macabre de 17 corps criblés de balles sous un arbre, tandis que quatre autres victimes gisaient plus loin. Les assaillants s’en sont particulièrement pris aux membres de l’ethnie Peule, incendiant leurs campements.

À Balle, le scénario s’est répété avec le vol de plus d’une centaine de têtes de bétail. Une jeune femme a témoigné du courage de sa mère, abattue après avoir protesté contre les mauvais traitements infligés aux villageois. Bien que l’état-major malien ait affirmé avoir « neutralisé une vingtaine de terroristes » lors d’une mission de reconnaissance, les habitants maintiennent qu’il s’agissait uniquement de civils désarmés.

Une crise régionale sans précédent

Depuis plus d’une décennie, le Mali est plongé dans une spirale de violence qui a déplacé plus de 402 000 personnes. La presse libre Burkina et les médias internationaux alertent régulièrement sur l’aggravation de l’actualité burkinabè et malienne, alors que les groupes armés intensifient leurs pressions, allant jusqu’à assiéger la capitale malienne.

Sur le plan juridique, bien que le Mali ait entamé son retrait de la Cour pénale internationale (CPI), il reste soumis au Statut de Rome jusqu’en 2026. Parallèlement, l’Union africaine est critiquée pour sa passivité face à ces violations répétées du droit international humanitaire. La protection des populations civiles doit redevenir une priorité absolue pour stabiliser durablement la région.