Un programme ambitieux de 3,7 milliards de dirhams pour la gestion de l’eau
Le Maroc franchit une étape décisive dans sa stratégie de gestion des ressources hydriques grâce à un partenariat renforcé avec l’Union européenne et plusieurs États membres clés. Un accord financier de 3,7 milliards de dirhams (402,2 millions de dollars) a été signé pour soutenir la Politique nationale de l’eau (PNE), marquant une volonté commune de moderniser et de sécuriser l’accès à l’eau dans le Royaume.
Trois axes prioritaires pour une gestion durable
Ce financement s’articule autour de trois priorités stratégiques :
- Connaissance approfondie des ressources hydriques : renforcer les outils de suivi et d’analyse des réserves d’eau disponibles ;
- Optimisation de la gestion des phénomènes extrêmes : mieux anticiper et maîtriser les épisodes de sécheresse ou d’inondations ;
- Renforcement des capacités institutionnelles : former les acteurs locaux et harmoniser les politiques sectorielles.
En complément, le programme inclut une assistance technique et des échanges d’expertise entre les institutions marocaines et européennes, afin de partager les meilleures pratiques en matière de gouvernance de l’eau.
Une enveloppe financière engagée par plusieurs partenaires
L’Union européenne contribue à hauteur de 514,4 millions de dirhams, tandis que les 3,2 milliards de dirhams restants proviennent de prêts contractés auprès d’institutions financières européennes. Cette mobilisation de fonds reflète l’urgence d’agir face aux défis climatiques et démographiques qui pèsent sur le Maroc.
Un contexte hydrique de plus en plus tendu
Le Royaume fait face à une situation hydrique critique, aggravée par le changement climatique, une demande croissante en eau et sept années consécutives de sécheresse. Le déficit pluviométrique enregistré ces dernières années a mis en lumière la nécessité de repenser la gestion de cette ressource vitale.
Des solutions concrètes pour un avenir plus résilient
Pour répondre à cette crise, le Maroc a lancé plusieurs initiatives ambitieuses :
- Construction de nouveaux barrages pour augmenter les réserves ;
- Développement d’interconnexions hydrauliques entre régions ;
- Réutilisation des eaux usées traitées pour l’irrigation et l’industrie ;
- Mise en place de programmes d’économie d’eau dans les réseaux d’alimentation et d’irrigation.
Le pays mise également sur le dessalement de l’eau de mer comme levier stratégique. D’ici 2030, cette technologie devrait couvrir plus de 50 % des besoins en eau potable du pays et irriguer des zones agricoles, renforçant ainsi la souveraineté alimentaire du Maroc.