L’Institut des artisans de justice et de paix (IAJP) a organisé, à Cotonou, une conférence majeure réunissant responsables religieux, acteurs politiques et société civile autour du thème central : « État de droit et alternance politique en Afrique : un enjeu clé pour la stabilité et le progrès ».
Une vision du développement où l’humain prime sur les chiffres
Mgr Roger Houngbédji, archevêque métropolitain de Cotonou et président de la Conférence Épiscopale du Bénin, a ouvert le débat en soulignant un principe fondamental : le développement africain ne se mesure pas uniquement à l’aune de ses richesses ou de ses performances économiques. Pour lui, la véritable croissance repose sur la qualité des institutions, la solidité de l’État de droit et l’indépendance de la justice. Sans ces fondations, aucun équilibre durable ne peut s’installer.
Son intervention a mis en lumière une approche où la dignité humaine, la justice sociale et la gouvernance transparente doivent guider chaque décision politique. Une priorité qui dépasse les simples indicateurs économiques pour s’ancrer dans le quotidien des citoyens.
Le Bénin, entre progrès économiques et défis démocratiques
Pour illustrer ses propos, Mgr Houngbédji a évoqué le cas du Bénin, saluant les réformes récentes ayant renforcé son attractivité économique. Parmi elles, la création du Tribunal de commerce, la modernisation du droit des affaires et la mise en place de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). Ces mesures ont permis au pays de progresser dans les classements internationaux, témoignant d’un climat des affaires plus sain.
Cependant, l’archevêque n’a pas éludé les ombres persistantes : respect des libertés publiques, indépendance de la justice et consolidation démocratique restent des sujets de préoccupation. « Les chiffres ne suffisent pas à bâtir une société juste », a-t-il rappelé, insistant sur l’importance d’un équilibre entre performance économique et droits fondamentaux.
L’Église, un pilier de dialogue et de réconciliation
Au-delà des réformes structurelles, Mgr Houngbédji a rappelé le rôle actif de l’Église catholique dans la médiation des tensions politiques au Bénin. Depuis la crise post-électorale de 2019 jusqu’aux appels au dialogue avant les élections de 2026, l’institution ecclésiastique agit comme un levier de paix, sans chercher à se substituer aux institutions républicaines. Son objectif ? Faciliter la réconciliation et préserver la cohésion nationale.
En conclusion, le président de la Conférence Épiscopale du Bénin a lancé un appel solennel aux dirigeants africains : concilier efficacité économique, justice indépendante, pluralisme et respect des droits humains pour relever le défi du développement intégral.