ousmane sonko dénonce le gaspillage et les blocages sous l’ancien régime au Sénégal
Lors d’un Conseil interministériel tenu au Sénégal, le Premier ministre Ousmane Sonko a partagé son indignation face à la gestion contestable de certains dossiers hérités de l’administration précédente. Dans un élan de transparence, il a révélé les conclusions d’un audit approfondi sur le patrimoine et les infrastructures publiques, mettant en lumière des dysfonctionnements majeurs.
Selon les chiffres présentés par la Primature, 245 projets d’infrastructures et actifs stratégiques sont aujourd’hui paralysés, inachevés ou sous-exploités. Le coût total de ces défaillances s’élèverait à plus de 5 000 milliards de FCFA, un montant équivalent au budget annuel de l’État sénégalais. « Certains estiment même que ce chiffre correspond à notre dette publique », a souligné Sonko, qualifiant cette situation de « gaspillage pur et simple ».
Parmi les projets les plus emblématiques figurent 62 chantiers sur 94 actuellement à l’arrêt, engloutissant plus de 5 227 milliards de FCFA. Le cas du lycée de Sandiara, lancé en 2014 et toujours inachevé en 2024, a particulièrement retenu l’attention du Premier ministre. « Douze ans pour construire un lycée ? C’est une aberration totale », a-t-il dénoncé avec véhémence.
la justice sénégalaise sous le feu des critiques de sonko
Ousmane Sonko n’a pas épargné la justice sénégalaise, qu’il accuse de protéger les « barons » de l’ancien régime et les auteurs présumés de détournements de fonds publics. « Parfois, j’ai des doutes. Je me demande si ça vaut vraiment la peine de continuer », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Dans ce pays, on peut tout se permettre et être bien protégé. Le système reste intact. »
Le Premier ministre a également évoqué l’existence de « sabotages judiciaires », impliquant selon lui certains magistrats dans le ralentissement ou l’étouffement de dossiers sensibles. « Ces dossiers ne nous appartiennent pas, ils appartiennent au peuple », a-t-il rappelé avec fermeté. Il a d’ailleurs prévenu qu’il comptait « hausser le ton » dans les semaines à venir pour exiger des comptes clairs et une justice plus rigoureuse.