Lors d’une intervention remarquée à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ousmane Sonko a vivement critiqué ce qu’il qualifie de « pression systématique » exercée par les pays occidentaux pour modifier les valeurs culturelles et juridiques du Sénégal.
Une loi contre les relations homosexuelles défendue sans compromis
« Nous ne cèderons pas à une quelconque tentative d’imposer des normes étrangères contraires à notre identité nationale », a-t-il martelé devant les députés réunis. Le chef du gouvernement a rappelé avec fermeté que la loi récemment adoptée, qui alourdit les sanctions contre les relations homosexuelles, reflète les convictions profondes de la société sénégalaise, majoritairement attachée à ses traditions et à sa foi musulmane.
Cette législation, entrée en vigueur il y a quelques semaines, prévoit désormais des peines pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison pour les personnes reconnues coupables d’actes homosexuels. Ousmane Sonko a catégoriquement écarté toute idée de suspension ou d’assouplissement de cette loi, qualifiant toute remise en cause de « violation de notre souveraineté ».
Souveraineté nationale vs. droits humains : un débat qui s’intensifie
L’adresse du Premier ministre survient dans un contexte où plusieurs organisations internationales ont exprimé leur inquiétude quant à l’application de cette loi, la qualifiant de régressive pour les droits humains. Ousmane Sonko a rétorqué que ces critiques relevaient d’une « hypocrisie » des pays occidentaux, soulignant que ceux-ci avaient souvent soutenu des régimes autoritaires en Afrique sous prétexte de stabilité, avant de brandir soudainement l’étendard des droits humains lorsque cela sert leurs intérêts géopolitiques.
« L’Afrique n’a pas besoin de leçons de morale de la part de ceux qui ont colonisé nos terres et exploité nos ressources pendant des siècles », a-t-il lancé, déclenchant une salve d’applaudissements parmi les parlementaires. Le Premier ministre a par ailleurs réaffirmé l’engagement de son gouvernement à préserver les valeurs traditionnelles du pays, tout en appelant à un dialogue respectueux avec ses partenaires internationaux, mais sans céder sur les principes fondamentaux.