Ousmane Sonko a été reconduit à la présidence du Pastef samedi dernier, à l’occasion du premier congrès du parti à Diamniadio. Cette réélection, acquise largement, a rapidement été suivie d’une mise en garde adressée à ses adversaires politiques, dans un climat de tensions persistantes au Sénégal.
Les délégués venus des sections locales et de la diaspora se sont rassemblés dans la ville proche de Dakar. Fondateur et dirigeant du Pastef depuis 2014, Sonko entame un nouveau mandat de six ans à la tête du parti.
À la tribune, il a déclaré : « Je mesure le poids de cette responsabilité car le Pastef n’est pas un parti ordinaire dans le paysage sénégalais. » Il a poursuivi : « Les révolutions peuvent être détournées ou vidées de leur contenu si elles ne s’appuient pas sur une doctrine claire et une organisation solide. Ce congrès est donc historique, deux ans après notre accession aux plus hautes fonctions. »
Le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, avait remporté la présidentielle de 2024 avec le soutien du Pastef, après qu’Ousmane Sonko eut été écarté de la course. Les relations entre les deux hommes se sont tendues au fil des mois, aboutissant au limogeage de Sonko du poste de Premier ministre en mai dernier. Peu après, il a été élu président de l’Assemblée nationale.
Devant les délégués du parti, Sonko a mis en garde contre toute tentative de sabotage du projet révolutionnaire porté par le Pastef. « Aucun projet de sabotage n’aboutira, car le peuple, debout aux côtés du Pastef, donnera les garanties pour libérer notre pays », a-t-il averti.
La direction du Pastef a boycotté le nouveau gouvernement nommé par Diomaye Faye, malgré la présence de quelques membres du parti dans la liste ministérielle. Avec 130 sièges sur 165 à l’Assemblée nationale, le Pastef peut déposer une motion de censure à tout moment. De son côté, le président peut remanier son gouvernement après une censure et pourra dissoudre l’Assemblée à partir de novembre 2026.