Passeport AES : quel est le point sur son déploiement au sein de l’Alliance des États du Sahel ?

L’Alliance des États du Sahel (AES), composée du Burkina Faso, du Mali et du Niger, a lancé un nouveau passeport biométrique pour remplacer celui de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Cependant, son adoption varie considérablement d’un pays à l’autre. Qu’en est-il réellement en 2025 ?

Homme tenant une pancarte avec le logo de l'Alliance des États du Sahel

Le Niger reste à l’écart du déploiement du passeport AES

Au Niger, le passeport Cédéao continue d’être délivré, malgré l’officialisation du passeport AES en 2025. Plusieurs Nigériens confirment cette situation. Un expatrié en témoigne : « J’ai demandé un passeport pour un voyage à La Mecque. À ma grande surprise, j’ai reçu un passeport Cédéao, alors que je m’attendais à un passeport AES. »

Un autre Nigérien, ayant renouvelé son passeport récemment, partage le même constat. Les autorités nigériennes n’ont pas encore mis en place le système de production et de délivrance du nouveau document. Pourtant, le général Abdourahamane Tiani, chef de l’État, a officiellement lancé la carte d’identité biométrique AES en mars 2025. La production des passeports AES avait été confiée à la société libyenne Alitisal Aljadeed.

Un déploiement progressif et contrasté

Contrairement au Niger, le Burkina Faso et le Mali délivrent déjà des passeports AES. Au Burkina Faso, les deux documents (passeport et carte d’identité) sont disponibles pour les demandeurs. Au Mali, malgré quelques difficultés initiales, notamment pour la reconnaissance du passeport à l’étranger, le document est désormais accepté sans problème. Un Malien vivant en France confirme : « J’ai reçu un passeport AES avec les symboles de l’AES sur la couverture. »

Une transition progressive pour les détenteurs de passeports Cédéao

Les détenteurs de passeports Cédéao peuvent continuer à les utiliser jusqu’à leur expiration. « Si je dois renouveler mon passeport, ce sera obligatoirement un passeport AES, car le Cédéao n’est plus délivré au Mali », explique un voyageur. Le passeport AES, conforme aux normes de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), intègre une puce électronique et une page en polycarbonate pour renforcer la sécurité.

L’introduction de ce nouveau document s’inscrit dans la volonté des trois pays de l’AES de marquer leur souveraineté et leur rupture avec la Cédéao. En parallèle, une Carte nationale d’identité biométrique AES est également en cours de déploiement pour remplacer progressivement les anciennes cartes.

Pourquoi cette différence de rythme entre les pays ?

Plusieurs facteurs expliquent les disparités observées :

  • Logistique et infrastructure : la production de passeports biométriques nécessite des équipements spécifiques et une chaîne de production fonctionnelle.
  • Administration et coordination : la mise en place de nouveaux systèmes administratifs prend du temps, surtout dans des contextes politiques et sécuritaires complexes.
  • Acceptation et reconnaissance : la légitimité du nouveau passeport doit être validée à l’international pour éviter les complications pour les voyageurs.

En conclusion, si le Mali et le Burkina Faso avancent rapidement dans le déploiement du passeport AES, le Niger reste en retrait. Les citoyens doivent donc patienter avant de pouvoir bénéficier pleinement de ce nouveau document, symbole de souveraineté et d’intégration régionale.