Le paysage politique au Togo connaît un nouveau souffle avec l’émergence du Cadre national de concertation pour le changement au Togo (CNCC). Ce regroupement inédit, composé de quatre partis d’opposition et de diverses organisations de la société civile, a tenu son premier grand rassemblement le samedi 9 mai à Lomé. Cet événement marque le retour de la contestation de rue dans la capitale, alors que les manifestations publiques s’étaient raréfiées depuis plus d’un an.
Une lutte frontale contre la réforme constitutionnelle
Au cœur des revendications du CNCC se trouve la Constitution adoptée en 2024, un texte qui suscite une vive opposition. Les opposants y voient une manœuvre permettant au président Faure Gnassingbé de se maintenir durablement au pouvoir. David Dosseh, porte-parole du Front citoyen Togo debout (FCTD), a souligné lors de cette rencontre que le peuple togolais reste déterminé à s’opposer à ce qu’il nomme une « forfaiture ».
La nouvelle loi fondamentale a instauré un régime parlementaire au Togo, actant la fin de l’élection présidentielle au suffrage universel direct. Désormais, la réalité du pouvoir appartient au président du Conseil des ministres, fonction dévolue à Faure Gnassingbé. Pour les membres du CNCC, il est impératif d’entamer une phase de remobilisation citoyenne pour contester ce changement institutionnel.
Dénonciation de la répression et soutien aux activistes
Le meeting a également servi de tribune pour dénoncer le traitement réservé aux opposants et aux activistes. Jean-Pierre Fabre, président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), a pris la parole pour évoquer la situation de Honoré Sitsopé Sokpor, plus connu sous le nom d’« Affectio ». Ce poète engagé a été de nouveau placé en détention le 4 mai, une décision qualifiée d’arbitraire par les leaders de l’opposition.
- Regroupement : Le CNCC fédère quatre partis politiques et la société civile.
- Contestation : Opposition au passage du Togo vers un régime parlementaire.
- Libertés : Plaidoyer pour la libération des voix critiques du pouvoir.
À travers ce premier meeting, le CNCC entend prouver que la contestation reste active au Togo, malgré un environnement politique verrouillé ces dernières années.