Le ministre sénégalais des Finances, Cheikh Diba, a révélé vendredi dernier devant les députés que le Plan de Redressement Économique et Social (pRES) avait permis de mobiliser 63,4 milliards de francs CFA au cours de l’année en cours. Ces révélations surviennent dans un contexte de négociations tendues avec le Fonds Monétaire International (FMI), où la performance budgétaire du gouvernement devient un enjeu majeur.
Waly Diouf Bodian, conseiller politique du Premier ministre Ousmane Sonko, a pris la parole pour défendre le bilan du pRES et répondre aux interrogations sur son efficacité.
Un objectif ambitieux de 762,6 milliards pour 2026
Lancé officiellement le 1er août 2024 par le Premier ministre Ousmane Sonko, le pRES vise à mobiliser 5 667 milliards de francs CFA entre 2025 et 2028. Pour l’année 2026, l’État table sur un apport supplémentaire de 762,6 milliards, inscrits dans la Loi de finances initiale. À ce jour, 63,4 milliards ont été encaissés, dont 7,9 milliards générés par les recettes douanières. Cependant, près de 700 milliards restent à collecter pour atteindre l’objectif annuel fixé.
Le FMI examine de près la trajectoire financière du Sénégal, confronté à des défis économiques majeurs. La capacité du gouvernement à respecter ses engagements en matière de recettes influencera fortement les négociations en cours pour un éventuel programme d’appui avec l’institution internationale.
Waly Diouf Bodian rejette les accusations de lenteur
Certains médias, comme La Tribune, ont pointé un écart significatif entre les recettes effectivement collectées et les objectifs fixés. Waly Diouf Bodian a rétorqué que le pRES génère actuellement entre 15 et 20 milliards de francs CFA par mois, et que les mesures relatives au foncier et aux transferts d’argent devraient renforcer les résultats dans les mois à venir.
Le gouvernement devra justifier sa performance dès ce vendredi, lors d’une séance parlementaire dédiée aux questions d’actualité. Les parlementaires examineront notamment l’écart entre les recettes réelles du pRES et les objectifs trimestriels définis dans la loi de finances.