À Kinshasa, la « ville morte » organisée ce 3 juin n’a pas réussi à paralyser entièrement la capitale congolaise. Les marchés ont repris leur activité, les taxis ont sillonné les avenues, et l’État a continué de fonctionner. Pourtant, dans le silence des rideaux à moitié tirés et des discussions à voix basse, se cachait un message bien plus puissant que les slogans.
L’opposition politique a échoué à mobiliser pleinement le peuple congolais derrière son action. Ce n’est pas par manque de mécontentement, mais parce que ce mécontentement s’exprime différemment aujourd’hui. Le peuple congolais, de Matete à Mont-Ngafula, de Bandal à Masina, parle sans crier. Et l’histoire nous rappelle que ces murmures ont souvent précédé les tempêtes.
Un exemple récent illustre cette tension : lors de la remise des cadeaux aux joueurs de l’équipe nationale de football, le peuple a hurlé sa colère d’une seule voix : « Où est notre part ? ». Ce cri ne venait pas de la jalousie sportive, mais du désespoir d’un peuple qui voit les promesses s’envoler tandis que les jeunes comptent les jours sans emploi.
L’emploi des jeunes, ce défi qui mine la crédibilité du pouvoir
En 2018, six millions d’emplois avaient été promis. Cette annonce avait soulevé l’espoir dans chaque quartier de la RDC. Pourtant, sept ans plus tard, ces jeunes attendent toujours. Ils ne mendient pas, ils réclament ce qui leur a été promis. L’État congolais ne peut plus se contenter de discours vides : un ventre affamé n’a pas d’oreilles.
Un pouvoir qui se maintient par la réponse aux attentes concrètes
L’histoire de la RDC nous enseigne une leçon claire : un régime ne dure que s’il répond aux besoins réels de sa population. Patrice Lumumba n’a jamais trahi le Congo ; c’est le peuple qui a été trahi après lui. Mobutu a survécu tant qu’il a su acheter le silence. Mais la RDC n’est plus à l’ère des silences achetés. Aujourd’hui, le peuple hésite. Cette hésitation n’est pas de l’obéissance, mais un avertissement.
L’opposition et ses alliances : un rejet populaire
L’opposition a échoué à mobiliser la population, non par manque de colère, mais par manque de crédibilité. Le peuple a perçu les acteurs cachés derrière elle. Joseph Kabila, dont les liens avec Paul Kagame sont évidents, a été identifié dans les coulisses de cette mobilisation. Pourtant, les Congolais rejettent farouchement toute ingérence étrangère dans leurs affaires. Ils veulent choisir leurs combats et refusent d’être instrumentalisés.
Le message silencieux du peuple congolais
Ce que le pouvoir doit comprendre, c’est que le peuple ne cherche pas le chaos. Il cherche une gouvernance qui lui parle, qui répond à ses besoins urgents : l’emploi des jeunes, la justice sociale, la crédibilité de l’État, et la réduction des inégalités. Chaque faille dans la gouvernance devient une arme pour l’opposition. Ne lui donnez plus d’arguments.
Réforme constitutionnelle : le peuple attend un signal fort
À l’heure où une réforme constitutionnelle se prépare, le peuple congolais attend un geste fort. Monsieur le Président de la République, il est temps de nommer un gouvernement d’exception. Pas un gouvernement de routine, mais un gouvernement de combat. Un gouvernement qui lutte contre la réforme constitutionnelle, oui, mais surtout un gouvernement qui récompense le peuple.
Celui qui a porté le Chef de l’État depuis 2018 mérite mieux que des promesses. Il mérite des résultats concrets. Que ceux en qui le Président a placé sa confiance ne le déshonorent pas devant le peuple ! Le Congo ne supplie pas. Le Congo est le vrai patron, et quand il rappelle ses droits, les palais doivent écouter.
