Sénégal : nouveau tournant politique après la démission du président de l’assemblée nationale

Le paysage politique sénégalais traverse une phase de turbulence marquée par des décisions rapides et des retournements spectaculaires. À peine 48 heures après le départ du Premier ministre Ousmane Sonko, le président de l’Assemblée nationale, Malick Ndiaye, a annoncé sa démission ce dimanche 25 mai. Une décision prise juste après une réunion interne au sein du parti Pastef, dont il est membre.

Malick Ndiaye a justifié son choix dans un message diffusé sur Facebook : « Après une longue réflexion, guidée par la responsabilité et l’intérêt supérieur de la Nation, j’ai décidé de quitter mes fonctions de président de l’Assemblée nationale. Ce choix personnel s’inscrit dans ma vision des institutions et de l’engagement public. »

Depuis son accession à la tête de l’hémicycle, Malick Ndiaye a œuvré pour renforcer les institutions parlementaires, promouvoir la transparence et consolider le rôle du Parlement sur les plans national et international, en collaboration avec les députés et les services administratifs.

Parallèlement à cette démission, l’Assemblée nationale a acté le retour d’Ousmane Sonko en tant que député, moins d’une semaine après sa révocation. Une nouvelle élection pour la présidence de l’institution est prévue dès le mardi 26 mai. Les observateurs politiques s’accordent à dire que le leader du Pastef est en position idéale pour remporter ce scrutin, son parti détenant une majorité parlementaire solide. Une ascension éclair qui pourrait le propulser, en seulement 72 heures, du statut de Premier ministre évincé à celui de deuxième personnage de l’État.

Cette succession d’événements redessine profondément le paysage politique sénégalais. Le pays semble désormais s’orienter vers un affrontement politique entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Les prochains mois seront rythmés par des alliances stratégiques, des rapports de force et des manœuvres politiques, à quelques encablures des élections locales et dans la perspective de la présidentielle de 2029.

Une interrogation persiste : le président Bassirou Diomaye Faye optera-t-il pour une dissolution de l’Assemblée nationale une fois le délai constitutionnel expiré en décembre prochain ?

En attendant, le pays reste suspendu aux prochaines annonces, notamment celle concernant le nom du futur Premier ministre, chargé de former un nouveau gouvernement dans un contexte politique particulièrement tendu.