Ce lundi 29 juin 2026, les députés sénégalais ont adopté à une écrasante majorité la proposition de loi de révision constitutionnelle. En dépit du boycott de l’opposition, les 129 élus de la majorité Pastef présents dans l’hémicycle ont voté en faveur du texte.

Après le scrutin, le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a évoqué les désaccords persistants avec le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, sur plusieurs points du texte.

« Nous gardons espoir, car il n’est jamais trop tard pour retrouver l’essentiel et ce qui constitue son identité politique. Je doute qu’il ait pu changer à ce point en si peu de temps », a lancé Ousmane Sonko, en s’adressant directement à Bassirou Diomaye Faye.

Il a particulièrement insisté sur la déclaration de patrimoine du président. D’après lui, le texte initial imposait une déclaration tant à l’entrée qu’à la sortie du mandat, mais des réserves ont ensuite été émises.

« C’est lui-même qui l’a affirmé pendant sa campagne : le président doit déclarer son patrimoine à l’entrée et à la sortie. Les preuves vidéo existent. Qu’est-ce qui a changé ? », a-t-il interrogé.

Selon Sonko, un engagement pris devant le peuple sénégalais ne peut être ajusté selon les circonstances.

« Au nom de quoi un individu peut-il choisir les dispositions qui lui plaisent et écarter les autres ? C’est inacceptable », a-t-il martelé.

Ces propos révèlent des fractures grandissantes entre les deux principaux responsables, pourtant unis autour du projet Pastef lors de la présidentielle de mars 2024.