Sonelgaz-International s’engage au Tchad avec une centrale électrique de 40 MW
L’achèvement de la centrale de Gorou Banda à Niamey (Niger) a marqué un tournant décisif pour Sonelgaz-International dans sa stratégie de conquête du marché africain. Cette réalisation, première du genre pour la filiale algérienne à l’étranger, a ouvert la voie à un nouveau projet d’envergure au Tchad. Une centrale similaire de 40 mégawatts est en effet en préparation à N’Djamena, confirmant ainsi l’ambition de Sonelgaz-International de s’imposer comme un acteur clé du secteur énergétique en Afrique.
Un projet tchadien imminent annoncé lors de l’inauguration nigérienne
Lors de la cérémonie d’inauguration de la centrale de Gorou Banda, organisée le 3 juin à Niamey, le ministre algérien de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, a révélé que la pose de la première pierre de la centrale tchadienne interviendrait dans les tout prochains jours. Ce projet s’inscrit dans la continuité des accords signés entre l’Algérie et le Tchad en mai dernier, visant à renforcer l’autonomie énergétique du pays.
Le ministre a également souligné l’intérêt croissant porté à Sonelgaz-International par plusieurs nations africaines, citant notamment la Côte d’Ivoire et le Mozambique. La filiale algérienne pourrait ainsi jouer un rôle central dans la mobilisation d’entreprises publiques et privées locales pour des collaborations transnationales.
Une logistique exemplaire pour une réalisation rapide au Niger
Le PDG de Sonelgaz-International, Yazid Djellouli, a détaillé les défis relevés lors de la construction de la centrale nigérienne. Lancé dès mars dernier, le projet a nécessité une organisation logistique minutieuse, décrite comme un « véritable pont aérien », avec plus de vingt rotations assurées par Air Algérie Cargo. Plus de cinquante experts algériens, dont des ingénieurs et techniciens, ont été mobilisés en un temps record pour finaliser l’infrastructure.
Selon M. Djellouli, cette centrale de 40 MW permettra d’augmenter la production électrique nationale du Niger d’environ 20 %, tout en renforçant l’approvisionnement de Niamey. Parallèlement, des études de réhabilitation du réseau électrique nigérien sont en cours, notamment sur l’axe stratégique Niamey-Agadez, ouvrant la voie à de futurs partenariats.
Le responsable a tenu à souligner que cette réalisation illustre l’expertise algérienne en matière de grands projets industriels, déjà démontrée par des contrats de 8 000 MW et 4 000 MW signés avec des partenaires internationaux. « Cette centrale marque le premier pas concret de Sonelgaz-International à l’étranger, mais d’autres projets suivront, au Niger comme ailleurs en Afrique », a-t-il affirmé.
Collaboration renforcée et formations locales au Niger
Le directeur de la communication du ministère algérien de l’Énergie, Khalil Hedna, a mis en avant l’importance de cette centrale dans le développement des activités internationales de Sonelgaz. Il a également rappelé que des techniciens nigériens ont bénéficié de formations spécifiques pour l’exploitation et la maintenance des installations. Un projet de comptoir de pièces détachées est également à l’étude pour assurer la pérennité des équipements.
De son côté, la directrice générale de la NIGELEC, Fati Abarchi, a qualifié le partenariat avec Sonelgaz-International d’« expérience exceptionnelle » et a salué la qualité de la coopération bilatérale. « Cette centrale entrera dans l’histoire du secteur énergétique nigérien », a-t-elle déclaré, évoquant une collaboration appelée à se poursuivre.
Perspectives d’avenir pour Sonelgaz-International en Afrique
Le succès de la centrale de Gorou Banda et les annonces concernant le projet tchadien confirment la dynamique d’expansion de Sonelgaz-International sur le continent. Avec des discussions en cours avec plusieurs pays, dont la Côte d’Ivoire et le Mozambique, la filiale algérienne pourrait devenir un partenaire incontournable pour le développement des infrastructures énergétiques en Afrique.
Cette stratégie s’appuie sur une expertise reconnue et une volonté de collaborer avec des acteurs locaux, publics comme privés, pour répondre aux besoins croissants en électricité de l’Afrique subsaharienne.