L’agence S&P Global Ratings a maintenu la note souveraine du Tchad à «B-» avec une perspective stable, validant ainsi la stratégie économique du pays. Cette décision, annoncée récemment, reflète la confiance des investisseurs dans la solidité du modèle tchadien. Selon le ministère en charge de l’Économie, cette notation témoigne d’une croissance soutenue, d’un endettement maîtrisé et d’un soutien continu des partenaires internationaux.
Croissance économique : des prévisions revues à la hausse
Le Tchad affiche une progression économique remarquable depuis 2023, portée par la hausse des cours des hydrocarbures et le rebond des services. En 2025, l’activité économique s’est renforcée, avec une croissance du PIB réel estimée à 5% par S&P, dépassant les prévisions initiales de 3,6% annoncées fin 2024. Le FMI a également ajusté ses estimations à 5,2%, confirmant la vitalité du secteur non pétrolier.
L’amélioration de la production agricole et le redressement des secteurs désactivés ont diversifié l’économie, même si le pétrole reste un pilier essentiel, contribuant significativement aux exportations et aux recettes publiques. L’agriculture et les services dynamisent quant à eux la demande intérieure, renforçant le tissu économique local.
Dette publique maîtrisée : un levier pour les investissements
Le Tchad a accompli des avancées majeures dans la gestion de sa dette publique, qui représente désormais environ 36% du PIB, un niveau modéré comparé à d’autres pays aux profils économiques similaires. En 2022, le pays est devenu le premier au monde à activer le cadre commun du G20 pour le rééchelonnement de sa dette extérieure, réduisant ainsi sa dépendance aux créanciers privés.
La dette extérieure ne constitue plus que la moitié de l’endettement total et est principalement composée de prêts concessionnels, offrant des conditions de remboursement avantageuses. Cette stabilité permet au gouvernement de dégager des marges financières pour financer des projets structurants, tout en maintenant une politique budgétaire prudente et en préservant la soutenabilité de la dette.
Recettes intérieures : une collecte en progression
La mobilisation des recettes fiscales s’est améliorée ces dernières années, passant de 9,8% du PIB en 2022 à 13,1% en 2023, selon les données de l’OCDE. Cette hausse reflète les efforts consentis pour élargir l’assiette fiscale et moderniser l’administration des impôts. En 2025, les recettes non pétrolières ont dépassé les prévisions, soutenues par le dynamisme des secteurs hors hydrocarbures et les réformes engagées dans le cadre de l’accord avec le FMI signé en juillet 2025.
La numérisation des finances publiques et le renforcement de la gouvernance ont permis d’optimiser la collecte des impôts. Ces mesures contribuent à renforcer la crédibilité financière du pays et à attirer davantage d’investissements privés, tout en consolidant la confiance des partenaires internationaux.
« Cette notation confirme la trajectoire positive du Tchad, qui allie croissance, stabilité et réformes structurelles. Elle ouvre des perspectives prometteuses pour l’avenir économique du pays », a déclaré le ministère des Finances.
Tchad Connexion 2030 : un plan ambitieux pour l’émergence
Malgré les avancées enregistrées, le Tchad doit encore consolider plusieurs leviers clés pour pérenniser sa stabilité économique. Le «Plan national de développement Tchad Connexion 2030», adopté en mai 2025, fixe les priorités pour transformer durablement l’économie du pays. Ce plan s’articule autour de quatre axes majeurs :
- Développer les infrastructures stratégiques : électricité, eau, routes et télécommunications pour soutenir la croissance.
- Renforcer les politiques sociales : éducation, santé, formation professionnelle, emploi des jeunes et inclusion sociale.
- Diversifier l’économie en misant sur l’agriculture, l’élevage, la pêche, les hydrocarbures, les mines et le tourisme, avec une valorisation locale accrue.
- Améliorer le climat des affaires grâce à la simplification administrative et à la modernisation des institutions.
Avec un financement de 20,5 milliards de dollars levé auprès de partenaires publics et privés en novembre 2025 à Abu Dhabi, le plan ambitionne de sortir 2,6 millions de Tchadiens de la pauvreté d’ici 2030 et d’augmenter le PIB de 60% sur la période. Porté par le Président Mahamat Idriss Déby Itno, ce projet marque une étape décisive vers l’émergence économique du Tchad.