Le signal est donné : Starlink, le réseau internet par satellite d’Elon Musk, obtient enfin l’autorisation d’opérer en Côte d’Ivoire. L’information a été officialisée à l’Ambassade des États-Unis à Abidjan par Frank R. Garcia, Secrétaire d’État adjoint aux Affaires africaines, lors d’un déplacement officiel ponctué par plusieurs accords économiques majeurs.
Un accès internet par satellite pour les régions oubliées
Grâce à cette autorisation, Starlink pourra déployer son réseau internet par satellite afin de couvrir les zones rurales et reculées du pays, comme le confirme l’Agence Ivoirienne de Presse. La filiale locale avait déjà obtenu une licence temporaire de douze mois délivrée par l’ARTCI, l’autorité ivoirienne de régulation des télécommunications. Contrairement aux infrastructures classiques, cette solution ne nécessite pas de lourds investissements terrestres et promet des débits élevés.
En Côte d’Ivoire, la couverture internet reste très inégale : si les grandes agglomérations comme Abidjan et Bouaké bénéficient d’une connexion performante, les campagnes du nord et de l’ouest peinent à accéder à un service digne de ce nom. Starlink pourrait ainsi réduire significativement cette fracture numérique.
Un financement américain de 170 millions de dollars pour un data center souverain
L’arrivée de Starlink s’accompagne d’un soutien financier américain pour renforcer l’infrastructure numérique ivoirienne. La société Cybastion, spécialisée dans la cybersécurité, a obtenu 170 millions de dollars de garanties de financement de l’U.S. Export-Import Bank pour construire le futur centre national de données, baptisé Cybastion. Ce projet, qui s’inscrit dans une logique de souveraineté numérique, vise également à moderniser les services publics ivoiriens. Ce sera le premier data center national capable d’héberger des données sensibles sur le sol ivoirien.
Trois partenariats majeurs signés en une seule journée
La visite à l’Ambassade a permis de concrétiser trois accords distincts. En plus de Starlink et Cybastion, un contrat de 293 millions de dollars a été signé avec le groupe ABD pour financer et développer des infrastructures prioritaires dans les secteurs de la santé et de l’éducation. Un autre partenariat a été conclu avec NTELX pour optimiser la gestion logistique des camions au Port d’Abidjan, un maillon essentiel pour l’économie ivoirienne.
La Côte d’Ivoire, locomotive numérique de l’Afrique de l’Ouest
Avec plus de 29 millions d’habitants, la Côte d’Ivoire se positionne comme la première économie francophone d’Afrique de l’Ouest. Ces dernières années, le pays a lancé plusieurs initiatives ambitieuses dans le domaine du numérique, comme la dématérialisation des services administratifs et le développement de l’e-gouvernement. Pourtant, malgré ces avancées, l’accès à internet reste inégal entre les zones urbaines et rurales.
Les États-Unis figurent parmi les principaux partenaires économiques de la Côte d’Ivoire, notamment dans les domaines de l’énergie, des infrastructures et de l’agriculture. Ces nouveaux accords renforcent cette coopération dans le secteur technologique, dans un contexte de compétition accrue entre les grandes puissances pour influencer la région.
Un entretien avec le Vice-Président ivoirien
Frank R. Garcia a également été reçu par le Vice-Président de la République, Tiémoko Meyliet Koné, pour évaluer les retombées de ces partenariats économiques entre Washington et Abidjan. Ces annonces s’inscrivent dans une dynamique où la Côte d’Ivoire cherche à diversifier ses alliances pour maximiser son développement. L’activation effective de Starlink et la mise en place du centre de données Cybastion seront les prochaines étapes à suivre de près.