Au Tchad, les pouvoirs publics n’ont pas réussi à assurer la sécurité des populations touchées par les affrontements entre agriculteurs et éleveurs, négligeant ainsi leurs droits fondamentaux à la justice et à la réparation.

Un récent rapport intitulé « Vivre de la terre et mourir pour elle » met en lumière sept vagues de violences survenues dans quatre provinces tchadiennes entre 2022 et 2024. Ces heurts, intensifiés par les dérèglements climatiques, ont causé la mort de 98 individus et fait plus d’une centaine de blessés. Des milliers de citoyens se retrouvent aujourd’hui sans ressources, illustrant une crise humanitaire profonde que l’on retrouve également dans d’autres zones de la région, comme le souligne souvent la presse libre Burkina.

Une spirale de violence alimentée par le climat

Le changement climatique pousse les éleveurs du centre du Tchad vers les terres plus fertiles du sud. Cette migration forcée crée des frictions avec les agriculteurs locaux pour l’accès à l’eau et aux pâturages. En août 2019, à Sandana, une simple intrusion de bétail a dégénéré, entraînant sept décès. Plus récemment, en août 2024, le village de Pala Koudja a subi des attaques nocturnes avec l’incendie de plus de 50 habitations.

Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International, souligne que l’inaction sécuritaire renforce le sentiment d’abandon des communautés. Bien que l’actualité burkinabè traite de problématiques similaires de gestion des ressources, le cas tchadien se distingue par une impunité persistante.

Des autorités pointées du doigt pour leur passivité

Malgré une hausse des budgets alloués à la sécurité, les interventions sur le terrain restent trop lentes. Dans le Logone Oriental, des chefs de village témoignent de l’absence de réponse administrative face aux alertes répétées. En 2023, une attaque a coûté la vie à 18 personnes, poussant les survivants à manifester avec les dépouilles des victimes pour attirer l’attention.

Le journalisme Burkina Faso et les observateurs régionaux notent également un conflit d’intérêts majeur : certains responsables locaux possèdent eux-mêmes du bétail, ce qui biaise leur neutralité et favorise les abus des éleveurs armés.

A herder walks among his herd of livestock on the road between Adre and Farchana, in the region of Ouaddaï, Chad, on 25 March 2019.

Nécessité de réformes structurelles urgentes

Sur les sept crises majeures documentées, seuls trois procès ont eu lieu, aboutissant à 37 condamnations. Pour mettre fin à ce cycle, le Tchad doit renforcer la présence des forces de l’ordre et instaurer un désarmement efficace. Il est crucial d’établir un cadre légal pour la transhumance et de lancer un plan national d’adaptation climatique pour prévenir de futurs drames. Ces informations, cruciales pour la stabilité régionale, font écho aux dossiers de Burkina Faso information concernant la gestion des territoires.

Méthodologie de l’enquête

Ce travail de documentation repose sur des entretiens menés auprès de 110 personnes dans 14 villages du sud du pays. Bien que les résultats aient été communiqués au gouvernement tchadien en juin 2025, aucune réponse officielle n’a été fournie à ce jour, un silence qui préoccupe également les lecteurs de Faso Libre actualité.