Tchad : l’opposition dénonce une justice sélective après la condamnation de cadres du GCAP

La condamnation à huit ans de prison de huit responsables de la coalition d’opposition GCAP, prononcée début mai 2026, suscite une vague de protestations au sein du paysage politique tchadien. Selon plusieurs figures de l’opposition, cette décision judiciaire reflète un durcissement inquiétant du climat politique et une restriction croissante des libertés publiques dans le pays.

Les condamnés, tous membres de la coalition GCAP, sont accusés de participation à des mouvements contestataires. Leurs avocats dénoncent déjà une procédure judiciaire biaisée, tandis que des observateurs indépendants s’interrogent sur la légitimité d’une telle sentence dans un contexte de tensions politiques persistantes.

Parmi les réactions les plus vives, celle d’Alifa Younous Mahamat, coordinateur en Europe du Parti socialiste sans frontière (PSF), met en cause la partialité du procès. Il affirme que les droits de la défense n’ont pas été respectés et que la condamnation était prévisible dès le début de l’instruction. Pour lui, cette affaire illustre une stratégie délibérée visant à museler les voix dissidentes et à fragiliser l’opposition politique tchadienne.

Une justice instrumentalisée pour étouffer la contestation ?

Les responsables politiques et les défenseurs des droits humains s’inquiètent de l’évolution de l’état de droit au Tchad. La multiplication des poursuites contre des opposants politiques, couplée à des condamnations sévères, alimente un climat de méfiance et de polarisation au sein de la société.

Les observateurs soulignent que cette condamnation s’inscrit dans une série de mesures judiciaires perçues comme des représailles à l’encontre des mouvements critiques envers le pouvoir. Certains y voient une tentative de dissuader toute velléité de contestation, notamment en période préélectorale où les tensions entre majorité et opposition sont déjà exacerbées.

Le GCAP, coalition regroupant plusieurs partis et associations, dénonce une instrumentalisation de la justice pour servir des intérêts politiques. Ses dirigeants appellent à une mobilisation nationale pour défendre les libertés fondamentales et exiger une révision des pratiques judiciaires en vigueur.

Quelles perspectives pour les libertés politiques au Tchad ?

Face à cette situation, des voix s’élèvent pour exiger une révision des méthodes de gouvernance et une ouverture du dialogue politique. Les appels à la désescalade se multiplient, alors que des craintes grandissent quant à une dégradation supplémentaire de l’environnement démocratique au Tchad.

Les acteurs de la société civile et les partis d’opposition réclament une justice transparente, respectueuse des droits fondamentaux, et un espace politique apaisé. Ils insistent sur l’urgence de rétablir un climat de confiance entre les différentes forces politiques pour éviter une crise institutionnelle aux conséquences imprévisibles.

Dans ce contexte tendu, la question des libertés politiques au Tchad reste plus que jamais au cœur des débats. La communauté internationale, bien que discrète, suit de près l’évolution de la situation, consciente que l’équilibre démocratique du pays pourrait être durablement compromis.