Tensions frontalières apaisées entre Centrafrique et Cameroun après un incident

Correspondant à Bangui
Deux gendarmes camerounais armés de kalachnikovs filmés en territoire centrafricain

Rolf Steve Domia-leu, notre envoyé spécial à Bangui, revient sur les événements qui ont failli envenimer les relations entre les deux nations voisines.

Les autorités centrafricaines et camerounaises ont privilégié le dialogue pour éviter une escalade après un incident survenu à la frontière commune. Des vidéos, rapidement devenues virales sur les réseaux sociaux, ont montré deux gendarmes camerounais, lourdement armés, pénétrant dans le village de Gasol, situé en territoire centrafricain.

Alertées par la population locale, les Forces armées centrafricaines (FACA) sont intervenues sans délai. Les militaires ont stoppé net la progression des deux hommes, accusés de tentatives de racket par les habitants. Après désarmement, les gendarmes camerounais ont été conduits au commissariat de Beloko, point de passage frontalier avec le Cameroun.

Cet incident, considéré comme une violation de la souveraineté centrafricaine, a immédiatement suscité des tensions. Pourtant, grâce à une réaction rapide et mesurée des deux parties, la situation a été maîtrisée en quelques heures seulement.

Un sommet diplomatique pour rétablir la confiance

Mardi, une réunion de haut niveau a réuni les représentants des deux gouvernements. L’objectif ? Désamorcer toute velléité de conflit et réaffirmer l’importance du respect mutuel entre États souverains. Les discussions se sont conclues sur une note positive, avec la restitution des armes saisies aux autorités camerounaises et la création d’un comité bilatéral chargé de veiller à l’application des accords.

La question des frontières, source de tensions récurrentes, a également été évoquée. Depuis des années, des voix centrafricaines dénoncent une occupation illégale de certaines zones frontalières par le Cameroun. Une allégation que Yaoundé rejette catégoriquement, tout en réaffirmant sa volonté de coopérer avec Bangui pour préserver la stabilité régionale.