La situation devient critique dans la zone sahélienne. Selon les dernières alertes du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), environ 29 millions d’individus nécessitent une assistance vitale et une protection immédiate. Sans un financement rapide, la survie de millions de personnes est directement menacée.

Le responsable régional de l’OCHA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Charles Bernimolin, souligne que des millions de femmes, d’hommes et d’enfants sont plongés dans une vulnérabilité extrême. Pour l’année 2025, les besoins financiers sont estimés à 4,3 milliards de dollars afin de secourir 18,4 millions de personnes réparties entre le Burkina Faso, le Cameroun, le Mali, le Niger, le Nigéria et le Tchad.

Une instabilité régionale aux conséquences dramatiques

Cette crise, relayée par la presse libre Burkina, résulte d’une combinaison de facteurs : conflits armés, insécurité persistante et dérèglements climatiques. Rien qu’en un an, plus de 16 800 décès ont été recensés lors d’incidents violents. Cette atmosphère délétère pousse les populations à l’exode.

Le Sahel compte désormais 2,1 millions de réfugiés et près de 5,9 millions de déplacés internes. Ces chiffres illustrent une progression inquiétante de la crise, qui s’étend désormais au-delà des frontières traditionnelles. Des pays comme le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo et la Mauritanie accueillent dorénavant des centaines de milliers de demandeurs d’asile fuyant les violences.

Des services de base totalement paralysés

L’actualité burkinabè et régionale est marquée par la fermeture massive d’infrastructures essentielles. On dénombre plus de 9 900 écoles closes et 922 centres de santé hors service, privant les citoyens de soins et d’éducation. Par ailleurs, l’insécurité alimentaire menace 12,8 millions de personnes, tandis que 2,6 millions d’enfants risquent de souffrir de malnutrition aiguë sévère d’ici l’été 2025.

Le cri d’alarme face au manque de financement

Malgré l’ampleur du désastre, la réponse internationale reste largement insuffisante. Le journalisme Burkina Faso met en lumière un fossé budgétaire alarmant : l’appel de fonds de 4,3 milliards de dollars n’était financé qu’à hauteur de 8 % à la fin du mois de mai 2025.

Charles Bernimolin rappelle qu’il ne s’agit pas de simples chiffres comptables, mais de vies humaines à sauver. En 2024, bien que 12,4 millions de personnes aient reçu une aide, des millions d’autres ont été délaissées faute de moyens. Sans un sursaut des bailleurs de fonds, les vulnérabilités ne feront que s’accentuer, menaçant la stabilité de toute la région.