Air Sénégal fait face à une enquête d’Interpol portant sur un présumé trafic de marchandises auquel auraient participé des membres du personnel navigant commercial. L’affaire, révélée par des sources concordantes, dépasse le simple cadre disciplinaire interne et pourrait avoir des répercussions sur la réputation de la compagnie nationale.
Des faits présumés et des investigations en cours
Selon les informations disponibles, certains employés, notamment des hôtesses et des stewards, auraient transporté contre rémunération des marchandises pour le compte d’une société créée en France. Les enquêteurs s’efforcent de comprendre le fonctionnement de ce réseau présumé, d’identifier les personnes impliquées et de mesurer l’ampleur des opérations. Parmi les objets cités figurent des pare-chocs de voitures, des bagages hors gabarit et d’autres colis pris en charge dans des conditions similaires.
Un épisode marquant : le pot de lait
Un fait attire particulièrement l’attention des enquêteurs : une hôtesse aurait accepté de transporter un pot de lait au départ de Paris. Selon le récit, un collègue lui aurait recommandé une personne chargée de lui remettre le contenant. Après avoir pris possession de la marchandise, elle l’aurait ouvert par précaution et aurait découvert un produit suspect, identifié après vérification comme de la drogue dure.
Entendue dans le cadre de l’affaire, l’hôtesse aurait communiqué le numéro de téléphone de la personne qui lui avait remis le colis. Mais ce contact serait devenu injoignable. Les investigations doivent permettre de retracer la remise du contenant et d’établir les responsabilités.
Réactions de la compagnie et mesures conservatoires
La direction générale d’Air Sénégal confirme avoir été officiellement saisie et a pris des mesures conservatoires concernant les hôtesses et stewards affectés à la liaison Dakar–Paris–Dakar. Sur les vols concernés, ces personnels ne disposaient pas de la qualification de sûreté évoquée dans le dossier.
La compagnie rejette toutefois une explication exclusivement financière des pratiques dénoncées. Des sources mettent en avant les niveaux de rémunération du personnel et estiment que certaines activités commerciales parallèles dépasseraient la simple recherche d’un complément de revenu. Ces affirmations relèvent de la position de la direction et ne préjugent pas des conclusions de l’enquête.
Un précédent dossier sur des marchandises depuis New York
Un précédent dossier est également rappelé : celui de marchandises acheminées depuis New York. Treize hôtesses et stewards avaient alors été cités, avec des rémunérations présumées calculées par valise. Des restrictions de vol auraient été prises avant leur réintégration.
La direction affirme attendre les résultats des investigations pour arrêter d’éventuelles sanctions définitives.
