Les derniers résultats des rencontres de poule ont clarifié la situation pour l’Autriche et l’Algérie. Il devient désormais bien plus ardu de doser le résultat parfait pour éviter l’Espagne en seizièmes de finale.

Parfois, l’ironie du sort dépasse la simple formule. Quarante-quatre ans après le fameux « match de la honte » de Gijon lors du Mondial 1982, l’Algérie et l’Autriche se retrouvent, le tableau des calculs bien rempli pour envisager la suite. En 1982, les ultimes matchs de groupe n’étaient pas simultanés. L’Autriche et l’Allemagne savaient qu’une courte victoire allemande qualifierait les deux équipes (au détriment de l’Algérie). Résultat : un succès 1-0 de l’Allemagne et une rencontre peu disputée sur une grande partie du temps.

Quarante-quatre ans après, le contexte a bien changé. Avec le passage à 48 équipes et la qualification des huit meilleurs troisièmes (sur douze poules), les équations sont à la fois complexes et simples, car Autriche-Algérie sera le dernier match de groupe décisif pour le classement des troisièmes.

Actuellement, l’Autriche occupe la deuxième place du groupe avec 3 points (différence de buts nulle) et l’Algérie la troisième avec une différence de -2.

Le seuil pour se qualifier sera au minimum de 3 points avec une différence de buts nulle ou positive, ce que les deux équipes peuvent obtenir avec un match nul, mais qu’aucune ne peut atteindre en cas de défaite. Cependant, certains scénarios permettraient à l’Autriche de passer avec une courte défaite : si le Congo ne gagne pas et que la Croatie s’incline face au Ghana.

Rangnick : « On verra à quelques minutes de la fin »

Une défaite volontaire ? Pourquoi ces deux sélections voudraient-elles perdre ? Parce qu’en raison de la configuration du tableau dans ce Mondial à 48, finir troisième pourrait être plus avantageux que deuxième : le deuxième affrontera l’Espagne, un des favoris, tandis que le troisième jouera contre un premier de groupe, probablement la Suisse. Mais avec les derniers résultats, ce calcul s’affaiblit : ce sera sans doute la qualification via la deuxième place ou l’élimination pour l’Autriche, qui connaîtra tous les résultats des autres groupes avant d’entrer sur le terrain.

Reste la possibilité d’un match nul qui satisfait les deux camps. Avec 4 points chacune, elles seraient toutes deux qualifiées. Cette situation s’est déjà produite lors de Paraguay-Australie (0-0), comme l’a souligné Ralf Rangnick, le sélectionneur de l’Autriche. « On a vu ce qui s’est passé : un nul suffisait aux deux, a-t-il commenté en conférence de presse. Mais on ne peut pas aborder ce match en disant qu’on va jouer le nul. Nous sommes dans la même situation que l’Algérie, on verra à quelques minutes de la fin. »

Même discours du côté du sélectionneur algérien, Vladimir Petkovic : « Nous devons tout donner sur le terrain sans penser aux hypothèses. Nous entrons avec un seul objectif : gagner. »