L’assemblée nationale sous haute tension lors du débat sur la gestion des fonds publics

Les débats à l’Assemblée nationale ont pris une tournure particulièrement vive lors de l’intervention du député Abdou Mbow. À la tribune, ce dernier a dressé un constat alarmant de la situation nationale, déclarant sans détour : « notre pays traverse une période critique ». Son allocution a notamment porté sur les dysfonctionnements au sein de la Douane et de la DAF, qu’il accuse de menacer l’intégrité des finances publiques.

Des accusations lourdes et des réactions immédiates

Abdou Mbow a lancé des allégations fortes, soulignant que « lorsque d’anciens Premiers ministres détournent des fonds initialement alloués à la Casamance pour des motifs politiques, la sécurité économique de l’État est gravement compromise ». Ces propos, restés sans preuves tangibles, ont rapidement provoqué la réaction du président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko.

Plusieurs fois, ce dernier a rappelé au député de se conformer strictement au sujet en cours, alors qu’Abdou Mbow tentait de développer son argumentaire. Le député a alors comparé la situation à celle d’un autre parlementaire, Guy Marius Sagna, qu’il accuse d’avoir lui aussi dépassé le cadre de son intervention lors d’un précédent débat.

« Guy Marius Sagna est un député comme les autres. Il a exprimé ses critiques envers le président, et pourtant, personne ne l’a interrompu », a-t-il rétorqué, avant d’ajouter : « si Guy Marius Sagna a pu s’exprimer librement, pourquoi pas moi ? »

Un avertissement ferme et une réponse sans concession

Face à l’insistance du député, le ton s’est encore alourdi. Ousmane Sonko a alors lancé un avertissement sans équivoque : « Respectez le thème abordé ou quittez immédiatement la tribune ». Il a ensuite précisé sa pensée en évoquant un incident antérieur impliquant Abdou Mbow dans l’hémicycle : « Je ne souhaite pas que vous quittiez ce pupitre de la même façon que la dernière fois ».

Malgré cet ultimatum, Abdou Mbow a maintenu sa position, insistant sur l’urgence de mettre fin aux détournements de fonds publics. « On ne peut pas utiliser l’argent de l’État à des fins personnelles ou politiques, puis venir se cacher derrière l’Assemblée nationale. La vérité finira par éclater », a-t-il conclu avec fermeté.