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Maître Abdourahamane Lirwana, avocat et figure de la société civile nigérienne, a été placé en détention à la maison d’arrêt de Niamey. Motif : une publication sur son compte Facebook du 12 septembre, consacrée à l’état d’esprit de l’armée nigérienne. Une incarcération qui cristallise les tensions autour de la liberté d’expression au Niger.

Les faits : une garde à vue suivie d’un écrou

Le 21 septembre, Maître Lirwana est convoqué à la Direction de la police judiciaire de Niamey. Il est immédiatement placé en garde à vue, puis déféré au parquet le lendemain. Il est finalement écroué à la maison d’arrêt de la capitale nigérienne.

La charge retenue contre lui : « diffusion de données de nature à troubler l’ordre public ». Elle s’appuie sur l’article 31 de l’ordonnance relative à la cybercriminalité. Une infraction passible, selon les textes, de jusqu’à cinq ans d’emprisonnement ferme.

Un délit d’opinion selon ses défenseurs

Pour ses soutiens, la procédure ne tient qu’à l’exercice d’un droit élémentaire : celui d’exprimer une analyse sur une institution publique. Avocat inscrit au barreau et membre actif du Mouvement patriotique pour une citoyenneté responsable (MPCR), Maître Lirwana n’a, selon eux, commis aucun acte répréhensible.

L’affaire soulève une question juridique de fond : dans quel cadre l’opinion d’un juriste ou d’un citoyen sur l’armée justifie-t-elle une privation de liberté aussi lourde ? Pour de nombreux observateurs, la réponse se trouve moins dans le droit que dans une volonté d’instaurer un climat d’autocensure.

Un espace civique de plus en plus contraint

Cette incarcération n’est pas isolée. Depuis plus d’un an, les arrestations et poursuites visant des figures de la société civile et des professionnels des médias se multiplient au Niger. Un contexte qui pèse sur l’ensemble des voix critiques, qu’elles s’expriment dans la presse, sur les réseaux sociaux ou au sein d’organisations citoyennes.

Ces pratiques sont jugées contraires aux engagements internationaux du pays, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, qui protègent la liberté d’expression et le droit à un procès équitable.

Appels à la libération

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains (FIDH-OMCT) a dénoncé avec fermeté ce qu’il qualifie de harcèlement judiciaire. Pour l’organisation, le silence face à de telles procédures revient à les cautionner.

Les partisans de Maître Lirwana réclament sa libération immédiate et inconditionnelle, l’abandon de toutes les charges et la garantie d’un exercice sans entrave du travail des défenseurs des droits humains au Niger.

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By Maimouna Hamani

Rédacteur Web