Une scène à Bamako après des attaques jihadistes en avril 2026

Depuis la fin du mois d’avril 2026, le Mali fait face à une crise majeure suite à un blocus routier imposé autour de Bamako par des groupes armés. Cette situation a poussé plus d’une dizaine de compagnies de transport routier à suspendre leurs activités, mettant en péril l’approvisionnement de la capitale.

Les attaques coordonnées des 25 et 26 avril, attribuées au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) – affilié à Al-Qaïda – et à la rébellion du Front de libération de l’Azawad (FLA), ont ciblé des positions stratégiques de la junte au pouvoir. Ces événements ont précipité la décision des transporteurs de protéger leurs biens et leurs passagers.

Transport suspendu : une décision sous contrainte

« Nous avons décidé de suspendre nos activités pour éviter de mettre en danger nos passagers et limiter nos pertes financières », a expliqué un responsable d’agence à l’AFP. Il a précisé avoir perdu six bus lors d’incidents survenus samedi sur l’axe routier reliant Bamako à Ségou, une ville située au centre du pays. Cette suspension concerne désormais plus d’une dizaine d’entreprises, bien que certaines aient arrêté leurs services sans communication officielle, par crainte de représailles de la part des autorités.

Six axes routiers majeurs menant à Bamako sont désormais inaccessibles pour les grands transporteurs. Seuls quelques minibus empruntent encore des itinéraires détournés pour atteindre la capitale.

Conséquences immédiates du blocus

Le blocus a des répercussions dramatiques sur la vie quotidienne à Bamako. Les stations-service sont prises d’assaut, le gasoil devenant quasi introuvable depuis plusieurs semaines. Les autorités ont annoncé avoir réceptionné plus de 700 citernes de carburant en provenance de Côte d’Ivoire via l’unique axe encore partiellement ouvert. Parallèlement, plusieurs convois de marchandises et des bus de transport ont été incendiés par les jihadistes.

Les perturbations ne s’arrêtent pas là. Les Bamakois subissent des coupures d’électricité prolongées. « Nous avons été privés de courant pendant soixante-douze heures consécutives. Le retour à la normale n’a été que temporaire, avec seulement trois heures de rétablissement avant une nouvelle interruption », témoigne un habitant. La société Énergie du Mali (EDM) a évoqué un « incident » non précisé, tandis qu’un responsable anonyme a pointé du doigt des actes de sabotage commis par les « terroristes », affectant directement le réseau électrique.

La Société malienne de gestion de l’eau potable a également signalé des perturbations dans l’approvisionnement en eau potable dans plusieurs communes de la ville, en raison de délestages électriques récurrents.