Le président nigérian Bola Ahmed Tinubu a regagné Lagos le mardi 29 septembre après presque un mois passé en Europe. Son avion, en provenance de Paris, a atterri vers 18 h 22, selon plusieurs médias nigérians. Ce retour survient à deux jours du 66e anniversaire de l’indépendance du Nigeria, célébré le 1er octobre.
Un séjour européen prolongé au-delà des trois semaines prévues
Parti d’Abuja le 30 août pour un congé annuel initialement fixé à trois semaines, Bola Tinubu a finalement prolongé son séjour de quelques jours. La présidence avait présenté ce déplacement comme un « working vacation », une période durant laquelle le chef de l’État continuait de suivre les dossiers gouvernementaux.
Après une première étape à Londres, il s’était rendu à Paris, où son agenda a été marqué par plusieurs rencontres. Il a notamment dîné avec le président Emmanuel Macron, échangé avec l’homme d’affaires Vincent Bolloré et rencontré Femi Otedola, président de First HoldCo. La présidence a aussi mis en avant la signature d’un protocole d’accord entre l’État d’Ogun et DP World pour un port en eau profonde et une zone économique maritime, avec un investissement potentiel de 7 milliards de dollars.
La prolongation du séjour avait été annoncée le 21 septembre. La présidence indiquait alors que Tinubu restait en contact avec les autorités nigérianes et suivait les affaires de l’État depuis l’étranger.
Lagos plutôt qu’Abuja : un choix symbolique
Pour son retour, le président a choisi Lagos, capitale économique et ancienne capitale politique, plutôt qu’Abuja. La présidence affirme que ce choix vise notamment à rendre hommage à Moshood Kashimawo Olawale Abiola, figure majeure de l’histoire politique nigériane.
Le 1er octobre, Tinubu doit assister à la première d’un film consacré à MKO Abiola au Wole Soyinka National Theatre, à Iganmu. Abiola avait remporté l’élection présidentielle de juin 1993, dont l’annulation avait plongé le Nigeria dans une grave crise politique.
Le chef de l’État participera également aux activités du 66e anniversaire de l’indépendance. Un débat public est prévu le 30 septembre, et le discours présidentiel à la nation est programmé pour le 1er octobre. Le gouvernement a placé cette édition sous le thème : « From Reforms to Stability: Consolidating Nigeria’s Renewed Hope for Shared Prosperity ».
Des interrogations pendant l’absence présidentielle
La durée du séjour a suscité des questions dans une partie de l’opinion nigériane, surtout après l’annonce de sa prolongation. Son absence a coïncidé avec l’Assemblée générale des Nations unies, à laquelle il n’a pas participé en personne. Le vice-président Kashim Shettima a représenté le Nigeria à New York.
À son arrivée à Lagos, Tinubu a répondu aux interrogations sur son état de santé. Interrogé par des journalistes, il a déclaré être « healthy, sound, and ready to go », rejetant les rumeurs qui avaient circulé durant son séjour européen.
Cap sur les célébrations et les échéances de 2027
Le retour de Tinubu intervient dans un contexte politique marqué par les préparatifs de l’élection présidentielle et des élections nationales de janvier 2027. Dès l’annonce de son départ, la présidence avait indiqué que le président reprendrait les activités politiques liées à cette échéance après son congé.
À Lagos, le chef de l’État doit combiner les cérémonies de l’indépendance avec des réunions politiques et des rencontres avec plusieurs responsables. Selon la présidence, des consultations avec des dirigeants politiques et des proches collaborateurs sont prévues dans les prochains jours, avant son retour à Abuja.
Pour le Nigeria, cette rentrée présidentielle tombe à un moment symbolique. Le pays s’apprête à célébrer 66 années d’indépendance alors que le gouvernement met en avant ses réformes économiques et cherche à faire évoluer le discours officiel de la stabilisation vers la croissance et la prospérité.
Après quatre semaines en Europe, Bola Tinubu retrouve donc le Nigeria dans une séquence à la fois institutionnelle, économique et politique. À Lagos, les prochains jours seront consacrés aux célébrations de l’indépendance, mais aussi à la reprise d’un agenda présidentiel qui devrait rapidement ramener le chef de l’État au cœur des dossiers nationaux.
