Burkina Faso : le nouveau code pénal rétablit la peine de mort après huit ans sans application
Une décision historique sous la junte d’Ibrahima Traoré
Le Burkina Faso franchit une étape majeure dans sa politique pénale : la peine de mort fait son retour dans le nouveau Code pénal, huit ans après son abolition. L’Assemblée législative du peuple (ALP), institution non élue contrôlée par la junte militaire dirigée par le capitaine Ibrahima Traoré, a validé cette réforme à l’unanimité le 20 octobre.
Des motivations affichées par le pouvoir
Le gouvernement justifie ce revirement par des arguments sécuritaires et éthiques. Selon le ministère de la Justice, cette mesure vise à « renforcer l’ordre public et à « garantir la sécurité des personnes et des biens ». Le texte a été salué comme une avancée pour « les valeurs fondamentales de la Nation », selon les déclarations officielles relayées sur les réseaux sociaux.
L’adoption du nouveau Code pénal, actée par les 71 membres de l’ALP, marque un tournant dans l’histoire judiciaire du pays. Cette loi s’inscrit dans une dynamique sécuritaire renforcée, alors que le Burkina Faso fait face à une insécurité croissante liée à la menace terroriste.
Les crimes désormais passibles de la peine capitale
Plusieurs infractions sont désormais sanctionnées par la peine de mort, conformément à l’article adopté. Parmi elles :
- Les actes de terrorisme ;
- L’espionnage et la trahison ;
- Le parricide ;
- L’importation de produits périmés ou prohibés ayant causé la mort.
Cette liste élargit le champ des crimes capitaux, alors que la dernière exécution recensée au Burkina Faso remonte à 1988. Une mesure qui suscite des débats à l’échelle nationale et internationale.
Un retour controversé sur la scène mondiale
Le rétablissement de la peine de mort au Burkina Faso s’accompagne de critiques. Les organisations de défense des droits humains, comme Amnesty International, ont déjà exprimé leur opposition, rappelant les risques liés à cette mesure. Cette décision place également le pays sous le feu des projecteurs, alors que la communauté internationale surveille de près les évolutions de la junte au pouvoir.
Un contexte marqué par l’instabilité
Cette réforme intervient dans un contexte de crise sécuritaire persistante. Depuis le coup d’État de 2022, la junte militaire tente de stabiliser le pays, confronté à une montée des attaques djihadistes. Le nouveau Code pénal s’inscrit dans cette stratégie globale de contrôle et de répression.
