La C64 maintient son opposition constitutionnelle et exige un dialogue sous 25 jours

La Coalition Article 64 (C64), fer de lance de la défense de l’ordre constitutionnel en RDC, a officiellement annoncé le report de sa marche pacifique prévue ce 22 juillet 2026 devant le Palais de la Nation à Kinshasa. Cette décision stratégique intervient après l’appel pressant lancé par la CENCO et l’ECC aux leaders de la coalition pour privilégier le dialogue national.

Les cinq leaders de la C64 lors d’une conférence de presse à Kinshasa

Un report motivé par l’espoir d’un dialogue inclusif

Dans un communiqué signé à Kinshasa le lundi 20 juillet 2026, les cinq figures majeures de la coalition — Martin Fayulu (ECiDé), Jean-Marc Kabund (A.Ch), Moïse Katumbi (Ensemble), Augustin Matata (LGD) et Delly Sesanga (Envol) — ont justifié cette décision par la volonté de « donner une chance au dialogue ». L’appel lancé par le Cardinal Fridolin Ambongo et le Révérend André Bokundoa a été entendu, permettant d’envisager une issue pacifique à la crise politique.

La C64 salue également l’annonce faite par la Présidence de la République concernant l’organisation d’un « dialogue inclusif, apaisé et résolument républicain », respectueux des institutions et de la Constitution. Ce report, décidé lors des réunions de la Conférence des Présidents des 18 et 20 juillet, est présenté comme un « geste de responsabilité » qui ne remet aucunement en cause les revendications de la coalition.

Des conditions non négociables pour la C64

La coalition rappelle avec fermeté ses trois exigences majeures :

  • L’organisation immédiate du dialogue national inclusif pour traiter les crises multidimensionnelles du pays :
    • L’agression extérieure et l’insécurité persistante dans l’Est
    • La crise de gouvernance et les dysfonctionnements institutionnels
    • Les difficultés économiques et sociales endémiques
    • Les réformes nécessaires à la réunification nationale et à la consolidation de la paix
  • La mise en place de mesures de confiance pour apaiser les tensions et rassurer toutes les parties prenantes.
  • Le respect absolu de la Constitution, notamment les articles 70 et 220 qui limitent à deux le nombre de mandats présidentiels.

La C64 avertit solennellement le pouvoir que toute tentative de contourner ces principes — notamment par une réforme constitutionnelle ou la promulgation d’une loi sur le référendum — sera considérée comme une « provocation » et déclenchera une réponse politique ferme.

Un ultimatum clair jusqu’au 15 août 2026

La coalition fixe un délai de 25 jours (jusqu’au 15 août 2026) pour la convocation officielle du dialogue national inclusif. Si ce délai n’est pas respecté ou si les engagements pris restent lettre morte, la C64 se réserve le droit de « tirer toutes les conséquences politiques » et d’appeler le peuple congolais à reprendre les mobilisations citoyennes pacifiques.

En attendant, la coalition maintient ses structures — en RDC comme dans la diaspora — en « état de mobilisation et d’alerte maximale ». Les cinq leaders réaffirment leur détermination à défendre l’ordre constitutionnel et à exiger le respect des institutions démocratiques.

Une stratégie calculée pour éviter l’escalade

Cette décision de reporter la marche du 22 juillet marque une stratégie de temporisation calculée. En évitant une confrontation directe dans l’immédiat, la C64 mise sur la pression diplomatique exercée par les acteurs religieux pour obtenir des concessions concrètes du pouvoir. Cependant, le ton reste ferme : l’ultimatum du 15 août 2026 pourrait bien relancer les mobilisations si aucune avancée tangible n’est constatée.

La balle est désormais dans le camp du pouvoir. La responsabilité de la suite du processus repose entièrement sur les épaules de Félix Tshisekedi et de son régime.