Une convention historique pour booster la transformation locale du cajou
Une avancée majeure vient d’être enregistrée dans le secteur ivoirien de l’anacarde. Le Groupement des transformateurs de cajou ivoiriens (GTCI), qui fédère des industriels nationaux transformant annuellement plus de 100 000 tonnes de noix brutes, a salué la signature récente d’une convention de financement entre la Banque nationale d’investissement (BNI), le Conseil du Coton et de l’Anacarde (CCA) et les acteurs locaux du cajou.
Un soutien financier pour relever les défis de la filière
Financièrement engagés à hauteur de leurs fonds propres pour moderniser leurs infrastructures et développer leurs capacités de transformation, ces industriels ont plaidé en faveur d’un mécanisme innovant permettant de sécuriser à la fois l’approvisionnement en noix brutes et les besoins de trésorerie des usines. Une lettre officielle, adressée aux plus hautes autorités du pays, a été envoyée en juillet pour exprimer leur reconnaissance aux institutions ayant facilité la mise en place de ce dispositif.
Le président du GTCI, Denis Kouadio, a mis en avant l’impact positif de ce soutien sur la filière. Il a notamment souligné les difficultés rencontrées par les transformateurs : l’acquisition de noix brutes au moment opportun, l’optimisation des rendements industriels et la nécessité de mobiliser des financements massifs pendant la courte période de commercialisation annuelle.
Un mécanisme de financement innovant pour les industriels
Cette convention tripartite repose sur un partage des responsabilités clair. Le CCA s’engage à fournir, dès le début de la campagne, 20 % des noix brutes nécessaires aux transformateurs. La BNI, quant à elle, prend en charge le financement des 80 % restants, tout en couvrant les besoins en fonds de roulement pour les opérations industrielles et l’exportation.
Ce dispositif vise à renforcer la transformation locale, à sécuriser l’approvisionnement des unités industrielles et à faciliter leur accès au crédit. Il constitue une réponse concrète aux enjeux de compétitivité et de croissance pour les opérateurs nationaux.
Une reconnaissance unanime des acteurs clés
Denis Kouadio a également tenu à saluer l’engagement des responsables ayant permis la concrétisation de ce projet. Parmi eux figurent le Vice-Premier Ministre Téné Birahima Ouattara, le ministre du Commerce et de l’Industrie Khalil Konaté, le ministre de l’Économie et des Finances Adama Coulibaly, ainsi que les dirigeants du CCA et de la BNI. Leur collaboration a permis la création d’un mécanisme de financement structurant, destiné à soutenir durablement la filière.
Des perspectives d’expansion pour d’autres filières
Le succès de ce programme, conçu pour accompagner la montée en puissance des champions nationaux dans la transformation du cajou, ouvre désormais de nouvelles pistes. Une étude est en cours pour adapter ce modèle au secteur du cacao, avec l’objectif d’offrir aux transformateurs de cette filière un dispositif similaire.
La Côte d’Ivoire, leader mondial de l’anacarde
Avec une production annuelle dépassant les 1,5 million de tonnes de noix brutes, la Côte d’Ivoire s’affirme comme le premier producteur mondial de cajou. Le pays dispose aujourd’hui de 37 unités de transformation, totalisant une capacité de plus de 830 000 tonnes. Grâce à un taux de transformation locale de 43 %, elle se positionne comme le deuxième exportateur mondial d’amandes de cajou et le troisième transformateur à l’échelle planétaire.
Après avoir consolidé sa production de noix brutes, la Côte d’Ivoire mise désormais sur l’accélération de la transformation locale. Cette stratégie vise à maximiser la valeur ajoutée sur son territoire, à renforcer son industrie et à stimuler la création d’emplois.