Après Franck, un autre proche du chef de l’État camerounais semble préparer sa succession. Louis Paul Motaze, cousin du président, multiplie les stratégies pour s’imposer.

Louis Paul Motaze est le cousin de Franck Biya, fils adoptif du président Paul Biya. Selon plusieurs indiscrétions, il profiterait du changement d’opinion des élites du Sud, qui auraient fait savoir au chef de l’État leur opposition à la candidature de Franck Biya. « Nul n’ignore le poids des élites du Sud dans l’administration publique camerounaise », souligne un analyste politique. Ancien directeur général de la CNPS, puis ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, secrétaire général de la présidence et ministre des Finances, Motaze est considéré comme l’homme le plus influent après Paul Biya, notamment par son réseau tentaculaire.

Un réseau solide construit autour de Batoufam

« Il contrôle la presse, les médias télévisés et il est très connecté au monde des affaires dans toutes les régions, surtout à l’Ouest. Ses relations avec les chefs traditionnels sont stratégiques. Parmi ses alliés figure Nayang Toukam Innocent, un leader charismatique qui lui a permis d’organiser des rencontres de chefs traditionnels africains. Louis Paul Motaze l’a rencontré personnellement au palais royal de Batoufam il y a cinq ans, accompagné d’une délégation où se trouvait un grand patron de Biopharma. Ce chef a fait de Batoufam la 20e destination d’écotourisme mondial selon l’Organisation internationale du tourisme social », analyse un expert.

Véritable stratège, Motaze a su s’éloigner de l’homme d’affaires Amougou Belinga après le scandale de l’assassinat de Martinez Zogo. On dit de lui qu’il n’est pas tribaliste, même dans son entourage proche. Reste à évaluer son bilan depuis 2007, date de son entrée au gouvernement via le MINEPAT. Il fait face à son cousin Franck Biya, soutenu par la première dame et Oswald Baboke, ainsi qu’à Ferdinand Ngoh Ngoh, qui malgré ses qualités est peu généreux selon l’entourage de Motaze. Quant à Franck Biya, il inspire une certaine froideur auprès de la jeunesse du Sud.