Une vague de fermetures imminente pour les lieux de culte non conformes

Le ministre camerounais chargé des questions religieuses, Paul Atanga Nji, a lancé un avertissement sans équivoque : près de 1 400 églises récemment implantées au Cameroun pourraient fermer leurs portes dans les prochaines semaines. Cette décision fait suite à un constat alarmant : l’absence de régularisation administrative de ces structures, malgré un délai imposé en 2024 pour se conformer à la loi.

Lors d’une réunion exceptionnelle avec les responsables de l’église « Vie et Paix », convoquée après un drame tragique, le ministre a marqué un tournant dans la politique de contrôle des cultes. La période de tolérance est désormais terminée, a-t-il martelé, soulignant que les irrégularités persistantes ne seront plus tolérées.

Des dérives religieuses au cœur des tensions sociales

Le Cameroun fait face à une recrudescence de dérives au sein de certains mouvements religieux, illustrée par des faits divers particulièrement choquants. En juin 2026, une fillette de 11 ans a été poignardée à 17 reprises par une fidèle de l’église « Vie et Paix », sous prétexte d’agir « sur ordre du Saint-Esprit ». Ce drame a provoqué une vague d’indignation nationale, quelques mois seulement après un cas similaire ayant coûté la vie à une autre enfant du même âge, dans des circonstances non élucidées.

Ces événements ont révélé l’urgence d’une régulation plus stricte des lieux de culte, alors que le pays compte des centaines d’églises non déclarées, souvent associées à des dérives sectaires. Depuis 2006, les autorités camerounaises tentent de limiter ce phénomène, reconnaissant en 2008 seulement 81 associations et institutions religieuses dans le cadre légal, dont 46 Églises protestantes et pentecôtistes.

Un phénomène alimenté par des crises économiques et sociales

L’essor des mouvements religieux non régulés au Cameroun s’inscrit dans un contexte historique marqué par des bouleversements économiques. Depuis 1994, et notamment après la dévaluation du franc CFA, les populations les plus vulnérables se sont tournées vers des prêcheurs offrant des solutions spirituelles, parfois extrêmes, face à des difficultés financières accrues. Cette tendance a pris une ampleur inquiétante, transformant le pays en un terrain propice à la prolifération de groupes religieux aux pratiques opaques.

En 2025, les autorités avaient déjà fermé près de 200 lieux de culte pour nuisances sonores, tout en prévenant les églises non agréées : leur fermeture était inévitable. Aujourd’hui, avec plus de 1 400 structures encore en infraction, le gouvernement camerounais passe à l’action, déterminé à rétablir un cadre légal strict pour les pratiques religieuses.