Une visite éclair riche en enjeux pour le Bénin

Un marathon diplomatique et économique, une capitale africaine en ébullition et des partenariats stratégiques à la clé. Romuald Wadagni, Président de la République du Bénin, a marqué de son empreinte une visite officielle à Addis-Abeba, où il a défendu avec ferveur les ambitions industrielles de son pays face aux décideurs du continent. Entre rencontres bilatérales au Palais Menelik et tribunes économiques à Afreximbank, cette étape éthiopienne confirme le rôle croissant du Bénin comme laboratoire de l’émergence africaine.

Un accueil en grande pompe à Addis-Abeba

Dès son arrivée à l’aéroport international de Bole, Romuald Wadagni a été accueilli en grande cérémonie par le Vice-Premier Ministre éthiopien, Tiruneh Temesgen. Ce protocole solennel a scellé l’importance accordée à cette visite, symbolisant l’excellence des relations entre Addis-Abeba et Cotonou. Sans délai, le Chef de l’État béninois a enchaîné les audiences, commençant par un entretien décisif avec le Docteur George Elombi, PDG d’Afreximbank. Une entrée en matière qui a immédiatement ancré les discussions dans le concret, évoquant les leviers financiers nécessaires à une industrialisation durable.

Afreximbank : le Bénin expose son modèle d’industrialisation

La journée a atteint son paroxysme lors de la retraite stratégique d’Afreximbank, où Romuald Wadagni, invité d’honneur, a pris la parole devant un aréopage d’économistes et de banquiers africains. Sous le titre percutant « Pourquoi les gouvernements échouent toujours à s’industrialiser », il a partagé sans détour les recettes qui ont fait la transformation économique du Bénin. La Zone Industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) est devenue un symbole de cette réussite, transformant localement des matières premières comme le coton, la noix de cajou ou le soja en produits à haute valeur ajoutée.

« L’industrialisation n’est pas une promesse politique, mais une discipline rigoureuse », a-t-il martelé, insistant sur la nécessité d’un environnement des affaires stable et de réformes cohérentes. Il a aussi pointé du doigt les écueils à éviter : des politiques publiques instables, un système éducatif déconnecté des besoins des industries, et une dépendance excessive aux importations. Son discours a été salué comme une feuille de route concrète pour les autres nations africaines.

Addis-Abeba et Cotonou : un partenariat économique en construction

L’après-midi a été consacré à la diplomatie bilatérale. Au Palais Menelik, Romuald Wadagni a rencontré le Premier Ministre éthiopien, Abiy Ahmed, dans une atmosphère marquée par la confiance mutuelle. Les discussions ont porté sur des secteurs clés : connectivité aérienne via Ethiopian Airlines, modernisation des infrastructures béninoises, coopération agricole pour des filières performantes, et coordination au sein des instances internationales pour défendre une réforme de l’architecture financière mondiale. Ces échanges reflètent la volonté du Bénin de diversifier ses alliances stratégiques en Afrique de l’Est.

En quelques heures seulement, cette visite éclair a repositionné le Bénin comme un acteur incontournable sur la scène économique africaine. Romuald Wadagni a quitté Addis-Abeba avec la conviction que son pays peut désormais peser dans les débats continentaux, notamment grâce à son expertise en industrialisation et à sa diplomatie proactive. Une démonstration de force qui confirme l’ascension du Bénin comme modèle de gouvernance et de développement en Afrique.