Activités portuaires à Douala, en mars 2025.

À Douala, capitale économique du Cameroun, des milliards de francs cfa issus de prêts accordés par des institutions internationales attendent encore d’être mobilisés. Entre retards dans l’exécution des projets et lourdeurs administratives, ces fonds, bien que disponibles, peinent à être utilisés efficacement.

Des prêts colossaux sous-exploités

Le Cameroun a bénéficié ces dernières années de plusieurs lignes de crédit signées avec des partenaires financiers majeurs. Parmi eux, la Banque mondiale et la Banque africaine de développement figurent en tête de liste. Pourtant, une partie significative de ces enveloppes reste inexploitée.

Les raisons de ce blocage sont multiples : procédures administratives complexes, manque de coordination entre les acteurs locaux et les bailleurs, ou encore absence de projets prêts à être lancés. Résultat, ces milliards, destinés à des infrastructures ou à des programmes sociaux, dorment dans les comptes bancaires.

Des conséquences économiques et sociales

Ces fonds non utilisés représentent un manque à gagner considérable pour le pays. Les projets prévus, comme la rénovation des routes, l’amélioration des services publics ou le soutien aux entreprises locales, voient leurs échéances repoussées. Les populations, elles, subissent les retards dans l’accès à des services essentiels.

Les experts soulignent que chaque année de retard dans la mobilisation de ces fonds coûte cher au Cameroun. Non seulement en termes financiers, mais aussi en termes de croissance et de développement. Les infrastructures, par exemple, restent en deçà des besoins réels, freinant ainsi les opportunités économiques.

Des solutions en discussion

Face à cette situation, des voix s’élèvent pour réclamer une simplification des procédures. Certains responsables appellent à un audit complet des prêts en cours, afin d’identifier les blocages et de les lever rapidement. D’autres plaident pour une meilleure formation des agents chargés de la gestion de ces fonds, afin d’accélérer leur mise en œuvre.

Les partenaires financiers, de leur côté, commencent à exiger des garanties plus solides sur l’utilisation des crédits. Ils insistent sur la nécessité de présenter des dossiers solides, avec des calendriers réalistes, pour débloquer les fonds.

Un enjeu de transparence et de redevabilité

La question de la transparence dans l’utilisation des prêts internationaux devient un sujet de préoccupation croissante. Les citoyens camerounais attendent des comptes sur l’utilisation de ces fonds publics. Les retards accumulés alimentent les critiques envers les autorités, accusées de mauvaise gestion.

Pourtant, des initiatives locales émergent pour pallier ces manquements. Des associations et des médias indépendants s’efforcent de suivre l’avancement des projets financés par ces prêts. Leur rôle est crucial pour garantir une utilisation optimale des ressources et éviter les détournements.

Banque mondiale

Banque africaine de développement